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Posts Tagged ‘République centrafricaine’

Un nouveau groupe armé en gestation dans le nord-ouest de la Centrafrique

La zone d’opération du groupe armé en gestation. Carte : d-map.com/ Montage : Hippolyte Donossio/ © Tango Ti Mbi

Une nouveau groupe armé serait en gestation dans le nord-ouest du pays. Depuis le 24 septembre, un groupe d’hommes armés non identifiés dont la présence est signalée depuis le mois de juin, a pris en otage 4 camerounais. L’enlèvement a eu lieu aux alentours de Garoua-Boulaï, une ville située à la frontière entre la Centrafrique le Cameroun. Bangui ne s’est pas encore prononcé sur l’incident, mais Yaoundé qui a non seulement renforcé la sécurité à la frontière, a demandé à tous ses ressortissants d’éviter des milieux communs aux centrafricains.

D’après des sources bien informées, ces hommes venaient de la frontière centrafricaine avec le Tchad. Des sources militaires confirment le passage d’une soixantaine d’hommes armés venant de la frontière avec le Tchad, le vendredi 15 juin à Kabo au nord. Ilsseraient passés par les villages de Béili, Sabo, Maïtikoulou pour atteindre la ville de Markounda, à l’extrême Nord-ouest du pays.

Au début du mois d’août, ils ont atteint le village de Yankaï, à 70 kilomètres de la ville de Bouar. Une situation qui a poussé l’Etat major des forces armées centrafricaines à dépêcher des hommes à Baboua, pour renforcer la présence militaire dans cette partie du pays. Des témoins joints par téléphone au village de Nièm-Yelewa affirment avoir vu des hommes armés se déplacer à l’aide de chevaux et d’autres à pieds, portant des tenues  militaires et utilisant des téléphones satellitaires. Fin août, ils avaient atteint la frontière avec le Cameroun. On ignore leur ambition, mais des habitants de la région ouest disent avoir constaté le recrutement des jeunes désœuvrés par ces hommes.

Des médias centrafricains et camerounais rendent ce groupe responsable de l’attaque, le 23 septembre dernier, du poste de péage de la ville de Garoua-Boulaï, où trois personnes ont été tuées. Ils seraient également les auteurs d’un raid effectué le 28 août au village de Namoya, au Cameroun, pillant des maisons et des petits commerces.

Après avoir enlevé les quatre Camerounais, tous des cultivateurs, ces hommes armés ont exigé une rançon dont le montant reste inconnu. Ils veulent aussi obtenir la libération, sans condition, de deux de leurs camarades arrêtés par l’armée camerounaise, le 21 septembre dernier, à Garoua-Boulaï.

 

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Bozizé, le retour à la case de départ ?

Un feu fait par les manifestants © Hippolyte Donossio

Jet de pierre, incendie de pneus, route barricadée, destruction des édifices publiques, tire d’AK 47, de grenade lacrymogène, bref, voilà le spectacle qu’a livré le 2 août 2012 les malheureux du concours d’entrée dans les rangs des Forces Armées centrafricaines (FACA), dans plusieurs quartiers de la ville de Bangui. La ville a vécu par là, un moment similaire à celui qui a marqué l’apogée du régime de l’ancien président, feu Ange Félix Patassé, et qui a vu l’arrivée au pouvoir par coup de force, de l’actuel président François Bozizé.

Plusieurs milliers de jeunes centrafricains désœuvrés sont descendus dans la rue pour dire non à la manière dont le recrutement a été organisé. Les manifestations se sont déroulées dans plusieurs arrondissements de la capitale centrafricaine.

Ces jeunes ont procédé à la destruction de plusieurs biens publics, dont la prison centrale de Ngaragba, laissant évader plusieurs centaines de prisonniers, dont des criminels. Les jeunes manifestants sont allés au delà de leur folie jusqu’à casser le buste du président Bozizé qui se trouve au Jardin du Cinquantenaire parmi ceux des 5 anciens présidents qui ont dirigé la Centrafrique.

Bozizé, le retour à la case et départ ?

Les manifestants © Hippolyte Donossio

Si l’on fait une comparaison entre ce qui se passe en ce moment à celui de 2001, qui a occasionné la chute de Patassé en 2003, on peut dire qu’il y a de tempête dans l’air pour celui qui a été appelé Libérateur et Sauveur des centrafricains, François Bozizé.

Bozizé est en ce moment rejeté par son propre camp. Pourquoi ? Parce que c’est dans ce même Boy Rabe qui casse le buste de Bozizé aujourd’hui que sa rébellion a été préparée, a été née et a pris le pouvoir. Ce même Boy Rabe est entrain de crier, « Nous ne voulons plus Bozizé ».

Qu’a fait Bozizé pour être si vite vomis par son propre camp en 9 ans seulement de pouvoir, alors que le Quartier Ouango par exemple, continue de pleurer l’ancien président Koligba, 31 ans après son règne ? La mentalité des centrafricains a-t-elle changé, ou bien Bozizé a fait preuve de l’amateurisme dans la gestion de la cité ?

En tout cas, ce qui se passe en ce moment est bien plus profond que sa simple perception. Comment peut-on imaginer que pour seulement 650 places, l’Etat major de l’armée peut accepter d’enregistrer jusqu’à 10.000 dossiers de candidature ? Le calcul est simple, pour 5000 FCFA par dossier, on peut arriver jusqu’à 50 000 000 FCFA. Alors, si c’est le million qui préoccupait l’Etat major, qu’on sorte cette somme non remboursée aux intéressés, pour réparer ces édifices détruits.

Les régimes se suivent et se ressemblent

Si Bozizé reprochaient à Patassé de ne pas bien prendre soin des centrafricains, notamment des jeunes, eh bien le bâton est entrain de retourner vers l’envoyeur. Tout le monde, du moins la majorité de tous sait que le camp Bozizé est divisé en ce moment. Et ce qui se passe, montre ce qui pourrait être qualifié de la gestion vaine de cette division interboziziste.

Qui pourrait croire hier que les jeunes de Boy Rabe peuvent crier aujourd’hui « Bozizé Dégage », comme ils l’ont fait à Patassé ? Visiblement, les régimes se suivent et se ressemblent en République centrafricaine, pays du panafricaniste Barthélemy Boganda.

Tout compte fait, un vent est entrain de souffler en ce moment sur l’Afrique. Le régime actuel est averti. Il faut juste éviter une sortie catastrophique et honteuse.

Quand le gouvernement ivoirien dit la vérité sur l’expulsion d’Aimable MPORE et l’affaire de 65 millions de francs CFA

Aimable Mpore. Photo Astou Arnould

Depuis le 19 janvier 2012, Aimable Mpore n’est plus persona non grata en Cote d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien vient de dire la vérité sur l’expulsion injustifiée à l’encontre de l’ex directeur général de la société de téléphonie mobile MTN.

En effet, Aimable Mpore a été expulsé du territoire national ivoirien le 5 février 2009 par un arrêté signé par le ministre de l’intérieur de l’époque et portant le numéro 161/MI/CAB avec exigence de quitter le pays dans 96 heures (4 jours). C’était suite à une aide financière à hauteur de 65 millions de Francs CFA, que MTN avait accordée aux populations d’un village sinistré par une intoxication alimentaire dans le cadre des actions sociales du chef de l’état. Après avoir versé l’argent qui servait à régler les déplacements des ambulances, la construction d’un dispensaire, la société MTN a reçu une lettre de remerciement émanant de la présidence. Sur le talon du chéquier du livre comptable de la société, un comptable de la société avait spécifié : « et au chef de l’État » La raison donc de l’expulsion a été que cette mention ne fait pas honneur au chef de l’État ivoirien. C’est ainsi, manu militari, Aimable Mpore, DG de la société MTN devait quitter la Côte d’Ivoire.

L’actuel ministère d’Etat, ministère de l’intérieur, du gouvernement de Guillaume Soro, vient d’abroger l’arrêté d’expulsion par celui au numéro 075/MEMI/CAB, en date du 19 janvier 2012.  « Ce gouvernement a corrigé la faute commise par le régime ivoirien en février 2009 » dit Aimable, visiblement soulagé.

Aimable Mpore, actuel directeur général du premier réseau de téléphonie mobile en Centrafrique a donc fait part de sa joie à quelques web-journalistes centrafricains, le 28 mars 2012 à Bangui. Il est ravi d’être  désormais libre de tout déplacement au pays des Eléphants d’Afrique.

Pour Mpore, cette décision n’est que « l’émergence de la vérité dans une injustice flagrante qu’avait fait preuve le régime de Laurent Gbagbo à mon égard ». Le directeur général de Telecel Centrafrique dit éprouver un sentiment de soulagement à l’écoute de cette nouvelle, car « c’était une affaire privée qui s’était transformée en affaire d’Etat et avait pris une ambleur que beaucoup de personne ne comprenaient pas mon niveau d’implication…».

Pour continuer, Aimable Mpore se réjouit de diriger Telecel Centrafrique et compte le faire dans la stricte règle du métier.