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Les armes, un excellent fond de commerce en Centrafrique

Des armes de guerre couramment utilisées dans des conflits armés en Centrafrique, (Photo REUTERS/Damir Sagolj)

Visiblement en République centrafricaine depuis le milieu des années 90 jusqu’aujourd’hui, les armes restent un excellent moyen pour se faire entendre ou d’accéder à la fonction suprême de l’Etat. Ces derniers temps également, certains particuliers utilisent les armes comme un véritable fond de commerce. Un fait qui met en péril la vie de plusieurs milliers de centrafricains, mais qui fait profiter un groupuscule d’individu.

La folie de grandeur et la soif du pouvoir restent la cause clé du malheur du pays. La République centrafricaine fait partie de top liste des pays à coup d’Etat à répétition réussie ou ratée en Afrique. Depuis son indépendance acquise le 13 août 1960, le pays totalise 4 coups réussi : 1966 : Jean Bédel Bokassa contre David Dacko, 1979 David Dacko contre Bokassa Ier, 1981 : André Kolingba contre David Dacko2003 : François Bozizé contre Ange-Félix Patassé.

L’avènement de la démocratie s’est accompagné avec les armes

Avec l’avènement de la démocratie en début des années 90 avec l’élection démocratique de l’ex président et défunt Ange Félix Patassé, les armes deviennent en mains de certains groupes comme l’utile voix de revendication. Inutile de revenir sur le fond des revendications de la mutinerie d’une partie de l’armée de 1996 et 1997. Mais on sait que c’était une manifestation violente organisée par d’ex élites du défunt président André Kolingba et pilotée de façon sournoise par ce dernier.

On verra que ce Kolingba va se prononcer officiellement lors du coup de force raté du 28 mai 2001, suite auquel sa tête sera mise à prix pour plusieurs million de Francs CFA par le président Patassé à l’époque.

L’année 2001, le point de départ d’« Armes, produits de business » !

Le coup d’Etat raté de Kolingba en 2001, marque cependant le point de départ de différente utilisation d’armes pour des fins que le peuple centrafricain ignore, mais que son nom est utilisé à répétition, pour signifier les ambitions d’un petit groupe d’égoïstes qui ne cherchent que ses propres intérêts.

Des vagues d’interpellations, d’arrestations voir d’exécutions ont suivi le 28 mai. Le ministre de la défense de l’époque et celui qui présidait jusqu’au 15 mai 2012, la rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a été limogé et contraint à l’exil. Le chef d’Etat major de l’armée, François Bozizé, celui qui présidait un mouvement de « Libérateurs » et qui s’est emparé du pouvoir en 2001, s’est fait aussi limoger et contraint à prendre le maquis en 2002, et qui se trouve maintenant comme président « élu démocratiquement » à la tête du pays.

« En moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’est fait de désagréables compagnies dans le nord »

Le général François Bozizé a réussi à maintenir son règne en évitant de se faire arracher le pouvoir depuis son arrivée en fonction. Mais il faut dire que ce n’est pas la date de la libération du peuple centrafricain comme plusieurs teneurs du régime actuel se vantent de le dire. Après le 15 mars 2003, en moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’était fait de désagréables compagnies dans le nord, région dans laquelle sa rébellion a été née.

Mais ce qu’il faut dire, c’est que ces rebellions ne sont jamais arrivées à la porte de la capitale Bangui, mais restent plutôt dans l’arrière pays pour prendre en otage, les paisibles populations civiles. Plusieurs revendications des ces mouvements armés ne sont que claniques, ethniques voir régionalistes, et non du peuple centrafricain comme dit dans les dénominations de ces mouvements rebelles : Front démocratique du peuple centrafricain, Armée populaires pour la restauration de la démocratie, Convention des patriotes pour la justice et la Paix…

Il y a aussi ces chefs dévoués à la guerre !

Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji, un chef rebelle centrafricain (Photo Net)

En Centrafrique, il y a aussi certains leaders de rebellions, qui voire leur statut dans le pays ne préfèrent que la guerre. Le tchado-centrafricain Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji par exemple, n’a jamais aspiré à la paix en Centrafrique.

Tenez, sous le régime Patassé qui était son protecteur et parrain, ce chef de guerre a été patron d’un groupe d’auto défense dans la région de Bantangafo, Kabo, et Sido, puis s’est transformé en chef d’Anti-Zaraguina (anti coupeurs de route), avant d’être chef de milices qui fut une bête noire de Bozizé pendant sa rébellion, et aujourd’hui, chef rebelle. Ce gars jusqu’alors n’a pas encore paraphé les documents de paix et ses éléments continuent de faire souffrir les civiles.

Voilà un exemple de guerrier dévoué qui continue de prendre un otage Mr Commun des Mortels à Batangafo !

Bien que la communauté internationale décaisse des milliards de Francs CFA pour le programme DDR (Désarment, démobilisation et réinsertion), rien ne prouve encore que c’est le crépuscule du caquètement des armes en Centrafrique. Ce qui choque, c’est que la première victime de la guerre, c’est l’innocence !

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