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Archive for the ‘Sécurité’ Category

Grand Retour de Tango Ti Mbi – le Blog de Hippolyte Donossio

Mes chers amis.

Après 5 ans d’inactivités liées à mes diverses occupations, je vous annonce la reprise de la publication sur mon Blog Tango Ti mbi.

Je vous annonce également le changement de la ligne éditoriale de mon blog à cause de mes occupations professionnelles actuelles. Des innovations et nouveauté ont été apporté. Informer vos proches, partagez autour de vous.

Mais en attendant, vous pouvez parcourir mes anciennes publications!

Merci

Hippolyte Donossio

Un nouveau groupe armé en gestation dans le nord-ouest de la Centrafrique

La zone d’opération du groupe armé en gestation. Carte : d-map.com/ Montage : Hippolyte Donossio/ © Tango Ti Mbi

Une nouveau groupe armé serait en gestation dans le nord-ouest du pays. Depuis le 24 septembre, un groupe d’hommes armés non identifiés dont la présence est signalée depuis le mois de juin, a pris en otage 4 camerounais. L’enlèvement a eu lieu aux alentours de Garoua-Boulaï, une ville située à la frontière entre la Centrafrique le Cameroun. Bangui ne s’est pas encore prononcé sur l’incident, mais Yaoundé qui a non seulement renforcé la sécurité à la frontière, a demandé à tous ses ressortissants d’éviter des milieux communs aux centrafricains.

D’après des sources bien informées, ces hommes venaient de la frontière centrafricaine avec le Tchad. Des sources militaires confirment le passage d’une soixantaine d’hommes armés venant de la frontière avec le Tchad, le vendredi 15 juin à Kabo au nord. Ilsseraient passés par les villages de Béili, Sabo, Maïtikoulou pour atteindre la ville de Markounda, à l’extrême Nord-ouest du pays.

Au début du mois d’août, ils ont atteint le village de Yankaï, à 70 kilomètres de la ville de Bouar. Une situation qui a poussé l’Etat major des forces armées centrafricaines à dépêcher des hommes à Baboua, pour renforcer la présence militaire dans cette partie du pays. Des témoins joints par téléphone au village de Nièm-Yelewa affirment avoir vu des hommes armés se déplacer à l’aide de chevaux et d’autres à pieds, portant des tenues  militaires et utilisant des téléphones satellitaires. Fin août, ils avaient atteint la frontière avec le Cameroun. On ignore leur ambition, mais des habitants de la région ouest disent avoir constaté le recrutement des jeunes désœuvrés par ces hommes.

Des médias centrafricains et camerounais rendent ce groupe responsable de l’attaque, le 23 septembre dernier, du poste de péage de la ville de Garoua-Boulaï, où trois personnes ont été tuées. Ils seraient également les auteurs d’un raid effectué le 28 août au village de Namoya, au Cameroun, pillant des maisons et des petits commerces.

Après avoir enlevé les quatre Camerounais, tous des cultivateurs, ces hommes armés ont exigé une rançon dont le montant reste inconnu. Ils veulent aussi obtenir la libération, sans condition, de deux de leurs camarades arrêtés par l’armée camerounaise, le 21 septembre dernier, à Garoua-Boulaï.

 

Bozizé, le retour à la case de départ ?

Un feu fait par les manifestants © Hippolyte Donossio

Jet de pierre, incendie de pneus, route barricadée, destruction des édifices publiques, tire d’AK 47, de grenade lacrymogène, bref, voilà le spectacle qu’a livré le 2 août 2012 les malheureux du concours d’entrée dans les rangs des Forces Armées centrafricaines (FACA), dans plusieurs quartiers de la ville de Bangui. La ville a vécu par là, un moment similaire à celui qui a marqué l’apogée du régime de l’ancien président, feu Ange Félix Patassé, et qui a vu l’arrivée au pouvoir par coup de force, de l’actuel président François Bozizé.

Plusieurs milliers de jeunes centrafricains désœuvrés sont descendus dans la rue pour dire non à la manière dont le recrutement a été organisé. Les manifestations se sont déroulées dans plusieurs arrondissements de la capitale centrafricaine.

Ces jeunes ont procédé à la destruction de plusieurs biens publics, dont la prison centrale de Ngaragba, laissant évader plusieurs centaines de prisonniers, dont des criminels. Les jeunes manifestants sont allés au delà de leur folie jusqu’à casser le buste du président Bozizé qui se trouve au Jardin du Cinquantenaire parmi ceux des 5 anciens présidents qui ont dirigé la Centrafrique.

Bozizé, le retour à la case et départ ?

Les manifestants © Hippolyte Donossio

Si l’on fait une comparaison entre ce qui se passe en ce moment à celui de 2001, qui a occasionné la chute de Patassé en 2003, on peut dire qu’il y a de tempête dans l’air pour celui qui a été appelé Libérateur et Sauveur des centrafricains, François Bozizé.

Bozizé est en ce moment rejeté par son propre camp. Pourquoi ? Parce que c’est dans ce même Boy Rabe qui casse le buste de Bozizé aujourd’hui que sa rébellion a été préparée, a été née et a pris le pouvoir. Ce même Boy Rabe est entrain de crier, « Nous ne voulons plus Bozizé ».

Qu’a fait Bozizé pour être si vite vomis par son propre camp en 9 ans seulement de pouvoir, alors que le Quartier Ouango par exemple, continue de pleurer l’ancien président Koligba, 31 ans après son règne ? La mentalité des centrafricains a-t-elle changé, ou bien Bozizé a fait preuve de l’amateurisme dans la gestion de la cité ?

En tout cas, ce qui se passe en ce moment est bien plus profond que sa simple perception. Comment peut-on imaginer que pour seulement 650 places, l’Etat major de l’armée peut accepter d’enregistrer jusqu’à 10.000 dossiers de candidature ? Le calcul est simple, pour 5000 FCFA par dossier, on peut arriver jusqu’à 50 000 000 FCFA. Alors, si c’est le million qui préoccupait l’Etat major, qu’on sorte cette somme non remboursée aux intéressés, pour réparer ces édifices détruits.

Les régimes se suivent et se ressemblent

Si Bozizé reprochaient à Patassé de ne pas bien prendre soin des centrafricains, notamment des jeunes, eh bien le bâton est entrain de retourner vers l’envoyeur. Tout le monde, du moins la majorité de tous sait que le camp Bozizé est divisé en ce moment. Et ce qui se passe, montre ce qui pourrait être qualifié de la gestion vaine de cette division interboziziste.

Qui pourrait croire hier que les jeunes de Boy Rabe peuvent crier aujourd’hui « Bozizé Dégage », comme ils l’ont fait à Patassé ? Visiblement, les régimes se suivent et se ressemblent en République centrafricaine, pays du panafricaniste Barthélemy Boganda.

Tout compte fait, un vent est entrain de souffler en ce moment sur l’Afrique. Le régime actuel est averti. Il faut juste éviter une sortie catastrophique et honteuse.

Retranché à la base militaire de Bangui M’Poko pour négocier la paix, Abdoulaye Issène se confie

Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix © Hippolyte Donossio

Trois semaines après son arrivée à Bangui dans le cadre de négociation de paix avec le gouvernement, Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) m’a donné une interview exclusive. De l’origine de sa rébellion, aux actions de ses éléments sur le terrain, en passant par la composition de son mouvement, l’affaire Massi, la rivalité entre la CPJP et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’avenir de la CPJP après le désarmement… « je ne me suis jamais confié ainsi à un journaliste », comme dit-il.

Ce mardi 17 juillet 2012, rendez vous est pris par téléphone avec Abdoulaye Issène. A 9h30mn, je suis arrivé à la base militaire de Bangui M’Poko. Là je me suis présenté aux éléments de la force multinationale de la FOMUC qui garde l’entrée de cette importante base militaire, qui se trouve dans une annexe de l’aéroport international de Bangui M’Poko. Encore un autre coup de fil, Issène d’une voix accueillante réponds « Oui mon cher ami, j’envoie une personne tout de suite te chercher ».

L’entrée de la base, il faut le dire, est gardée à double tour par des hommes lourdement armés. « Votre Pièce ! Ok, votre numéro de visiteur est le ###, si vous l’oubliez, vous n’aurez plus droit à votre pièce », me lance ce ‘’Chef de Poste’’. Une fois à l’intérieur, mon guide me dit, « le Général a dit qu’il veut seulement vous accueillir dans sa chambre, donc on y va directement ».

A l’intérieur de la chambre, une pièce de 5 mètres sur 7, le gars, castard, long de presque 2 m, cheveux tressés en natte vers l’arrière, d’aspect vif, visage souriant m’accueille, avec un « Bonjour mon frère, sois le bienvenu, comment tu vas, le travail ainsi que la famille ? », puis il me propose : « Du Coca ? », je l’ai répondu par non et je lui propose juste de l’eau plate.

Abdoulye Issène Ramadane et le début de la CPJP

Abdoulye Issène Ramadane que la majorité des centrafricains ne connaissent le nom qu’après les premières attaques de son mouvement armé en 2008 dans le nord-est, a avoué avoir fait toutes ses études de en République centrafricaine. Il n’a cependant pas donné son plus haut diplôme mais se dit scandaliser par « ce que faisait et est encore entrain de faire le politique centrafricain ». « Allez au bord de la route, regardez comment les jeunes souffrent, ils ne trouvent pas de travail, ils sont écartés du jeu politique, alors que les autorités se vantent pour dire que  les jeunes sont associés dans la gestion de la chose publique », dit-il d’entrée de jeu.

Visiblement consterné, Abdoulye Issène donne l’exemple du ministre du Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) Xavier Sylvestre Yangongo, qui, selon lui, « m’a raconté pendant une réunion qu’il a été ministre sept fois consécutifs, et qu’il en est fier. Je lui ai demandé si vraiment c’est lui seul dans le pays, mais il m’a répondu d’un air méprisant que c’est parce qu’il est compétant ». Le chef de la CPJP m’offre l’occasion de d’apprécier moi même. Pour lui, de telles situations méritent d’être « dénoncées avec toute l’énergie et tous les moyens dont on dispose ».

Le début de la rébellion

Abdoulye Issène n’a pas voulu trop longuement s’atteler sur les en dessous du démarrage de sa rébellion. Mais il affirme juste que « je savais que le risque que j’avais voulu prendre était énorme, mais j’étais animé par l’esprit de sortir ma jeunesse de la pauvreté, et non seulement de me battre pour mon ethnie comme plusieurs opinions sont encore entrain de le percevoir ainsi ».

A ma question de savoir qui finance sa rébellion et qui est son mentor, Issène, souriant me répond en s’exclamant « C’est la jeunesse ! », avant d’ajouter que « s’il y a quelqu’un dans l’ombre qui me soutient, c’est toujours cette jeunesse désœuvrée, marginalisée et écartée du processus de développement de la Centrafrique, notre mère patrie ».

J’ai profité de cette occasion, pour lui poser la question sur l’apport du disparu Charles Massi à ce groupe armé à l’époque. Abboulye Issène hésitant, voulant se mettre en colère, puis temporise et me répond « la question Massi fait parti de nos conditions pour signer l’accord de paix, c’est même l’une des plus importantes conditions que nous avons fixé au gouvernement. Mais pour l’instant, je ne veux pas trop parler de ce grand homme ».

« Nous ne menons que des attaques ciblées et nous ne touchons que des cibles précises »

Abboulye Issène fait l’économie des mots sur l’appellation de son mouvement. Il préfère dire que la CPJP n’est pas une rébellion, mais plutôt « une révolution des jeunes qui ont marre de la gestion actuelle de la République centrafricaine. La CPJP n’est donc pas une rébellion, mais plutôt une révolution », dit-il avec un regard serein.

J’ai insisté en citant plusieurs attaques de ce mouvement dont des pertes en vies humaines ont été déplorées, m      ais ce chef de « révolutionnaires » obstiné, me répond que « nous ne menons que des attaques ciblés et nous ne touchons que des cibles précises, mais n’empêche qu’il y ait des dommages collatéraux, mais la plupart des victimes ne sont que ceux qui s’entêtent à exécuter les ordres des combattants », avant de reconnaitre qu’ « il y a aussi des brebis-galeuses parmi les éléments qui commettent des actions isolées, mais ceux-ci ont été systématiquement sanctionnés. La CPJP n’est pas un mouvement d’impunité ».

Sur la question de la rivalité entre le mouvement de la CPJP et celui de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une autre rébellion qui opère dans la même zone que le CPJP, Issène refuse carrément de se prononcer sur le sujet. Il me dit juste que « je sais que les médias avaient beaucoup contribué à faire empirer la situation. Pour l’instant, c’est du passé, ce sont nos frères, nous nous sommes déjà réconciliés et je pense que nous allons marcher ensemble pour la construction de notre pays ».

Et si la CPJP désarme…

A ma question de savoir que sera l’avenir de la CPJP après le désarmement de ses éléments, Issène brondit le procès verbal de la mise en place de son mouvement, daté du 24 février 2010 au village d’Akousroubak, et ajoute : « parcourez ce document et voyez comment la CPJP est bien structurée. Nous avons un bureau politique et une branche armée. S’il arrive que l’aile armée désarme, nous allons avec le bureau politique mettre en place un parti politique. Nous voulons aussi participer aux élections démocratiques pour animer la vie politique de notre pays ».

Le chef de la CPJP ne s’arrête pas là. Pour lui, la devise de la République centrafricaine (Unité – dignité – Travail) doit être revue. « Je propose que la devise devienne Unité – Travail – Dignité », dit-il. Il justifie sa position en ces termes : « nous devrons être unis pour travailler, et c’est le travail qui va nous rendre digne, et non l’inverse ».

Pour ce qui concerne les plaintes de la population des zones sous contrôle des éléments de la CPJP, qui sont cités pour des cas d’assassinats, d’extorsions et autres cas de piétinements des Droits de l’Homme, celui qui se fait appelé Chef de révolution se dit « désolé de tout ce qui était arrivé, mais nous tenons à ce qu’ils ne se reproduisent plus jamais, car nous sommes déjà sur la voix de la paix et cette paix va revenir définitivement dans notre pays ».

Pour finir notre conversation, Abdoulaye hausse le ton pour « prévenir ceux qui disent que je suis de connivence avec le Président Bozizé et que je ne suis pas digne de négocier la paix avec le pouvoir de Bangui. J’ai les documents qui le prouve (il brondit à nouveau le procès verbal de la mise en place du bureau de la CPJP). Que ces fantômes sortent de leur cachette et présentent aussi leur document ! », avant de conclure que « ce n’est pas Issène, la CPJP ou Bozizé qu’ils sont entrain de salir et de défier mais c’est plutôt la Centrafrique, et le peuple centrafricain. Il y a un temps pour faire la guerre et il y a aussi un temps pour faire la paix ».

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Témoignage d’un humanitaire ayant vécu dans une zone sous contrôle des éléments rebelles de Baba Ladé !

Abdel Kader Baba Laddé, Chef de la rebellion tchadienne des Forces Populaires pour le Redressement

Les éléments des Forces Populaires pour le Redressement du rebelle tchadien Abdel Kader Baba Laddé continuent leurs exactions sur le territoire centrafricain. Les médias ont continué à publié dans leur colonne des articles consacrés au sujet. Tango Ti Mbi publie en exclusivité cette semaine, le témoignage d’un humanitaire qui a vécu à Bambari, une zone à moitié sous le contrôle des Hommes de la rébellion tchadienne des Forces populaires pour le rassemblement.

L’humanitaire travaille dans une ONG internationale, très active dans la région. Il a été évacué à Bangui pour des raisons sanitaires.

Constat 1, les Hommes de Baba Laddé sont mieux équipés que les FACA !

Dans ses explications, l’humanitaire qui s’est rendu plusieurs fois parmi les rebelles tchadiens a expliqué que ces hommes sont mieux outillés que les Forces armées centrafricaines (FACA). « Ils ont même des tenues que jamais je n’aurais vu porter nos forces de l’ordres en détachement dans les villes de provinces », a-t-il expliqué.

Cet homme a ajouté ces rebelles sont aussi plus mieux armée que les FACA. « Ils ont des armes toutes neuves et de divers qualités et calibres », a-t-il ajouté.

Constat 2, les Hommes de Baba Laddé ont des laissez-passer délivrés par des hautes autorités militaires centrafricaines !

« Je ne sais pas par quel canal les journaux à Bangui ont des infos dans les zones à Baba Laddé », s’est inquiétée la source. « Il n’y aucune volonté pour les autorités militaires centrafricaines de renvoyer Baba Laddé chez lui », dit-il, avant d’affirmé que « ces rebelles tchadiens ont des laissez-passer dument signés par le ministre délégué à la défense nationale sur lesquels on peut se rendre compte visiblement qu’ils sont autorisés à circuler sur l’ensemble du territoire national centrafricain ! ».

Les médias se sont jusqu’alors abstenus de donner ces détails.

Constat 3, les Hommes de Baba Laddé sont approuvés par la population !

Baba Laddé a lui-même annoncé sur internet le 7 décembre dernier, que lui et ses hommes sont approuvés par la population centrafricaine et c’est seulement les médias qui ne l’aiment pas.

« Vrai ! », s’est exclamé l’humanitaire. « C’est parce qu’il a levé toutes les barrières dans toutes les zones sous son contrôle et qu’il distribue à chaque moment de la viande des bœufs, arnaquée chez les éleveurs, aux populations meurtries par la misère », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que « c’est juste parce que Baba Laddé a des armes et la population a les mains vides, et c’est une relation de domination et non de confiance ! ».

Bangui est informé. Mais elle ne doit pas ignorer aussi que Baba Laddé a promis d’après plusieurs journaux de passer la fête de la nouvelle année dans la capitale centrafricaine. Gouverner c’est prévoir et si prévoir veut dire prendre des dispositions, Bozizé et sa suite doivent faire ce que la constitution de la Centrafrique a dit en matière de la protection de l’intégrité territoriale nationale.

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Bangui a intérêt à arrêter l’hémorragie Goula et Rounga

Les blessés par balles devant l'hopital de la ville de Bria

Le dimanche 18 septembre, d’intenses combats ont à nouveau été déclenchés entre les deux ex-rebellions de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et l’Union des Forces pour la Démocratie et le Rassemblement (UFDR), dans le quartier de Bornou à Bria (Est de la Centrafrique). C’est depuis le dimanche 11 septembre que ces deux ex-rebellions commencent à se battre. Trente personnes ont été tuées, des centaines de déplacées et sans abris et d’importants dégâts matériels enregistrés. Une tentative de « dialogue direct » a été organisée ce 20 septembre afin de permettre aux deux parties de revenir aux bons sentiments. A l’issue de cette réunion, plus de 10.000 personnes ont prit par à une marche pacifique, pour le retour de la paix dans la région.

Visiblement derrière cette tuerie CPJP – l’UFDR, se trouve les deux principaux groupes ethniques de la localité Goula et Rounga. La rébellion de la CPJP est composée des ethnies Rounga et l’UFDR, des Goula. Ces deux ethnies, composent, arment et financent les deux rébellions.

Les raisons de la rivalité Goula et Rounga

« Nous ignorons les vraies raisons de cette rivalité », avait affirmé déjà le maire de la ville de Bria, Moussa Gounman. Pourtant, plusieurs personnes affirment cependant qu’il s’agissait d’une bataille pour le contrôle du commerce de diamant dans la localité.

Il revient au ministre de la justice, et porte parole du gouvernement, Firmin Féïndiri, de répondre dans une interview aux médias « que la rivalité Goula et Rounga ne date pas d’aujourd’hui ». « Jamais les deux ethnies ne vivaient jamais en paix » a ajouté le porte parole du gouvernement centrafricain.

Alerte, le gouvernement doit doubler de vigilance

Dans une déclaration faite à la presse ce 21 septembre, Bangui s’est contenté d’appeler au calme et demande aux deux parties de respecter leurs engagements contenus dans les accords de paix dont ils sont signataires.

On comprend que la population de Bria n’attend pas de Bangui « une simple déclaration mais une action concrète, visant à ramener la paix dans notre ville », a expliqué Rodrigue Kongo, un commerçant ambulant dans la ville de Bria.

Visiblement il s’agit d’un repli tac-tic, de la part des éléments de la CPJP, en abandonnant Bria à l’UFDR. Bangui a intérêt à prendre ses responsabilités.

L’OCDH n’exclut pas le terme « génocide » !

Un corp ramassé par le service de la Croix Rouge locale de Bria

L’Observatoire centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH), a d’ores et déjà parlé dans une déclaration publiée le 19 septembre, d’« un caractère génocidaire des affrontements, puisqu’ils touchent deux ethnies majoritaires de la région ».

Depuis le déclenchement des affrontements, les témoins joints ont affirmé que pendant les tueries, « on sent l’esprit de l’un pour nuire complément l’autre ». De ce fait, Bangui doit tout faire pour ramener le couteau tranché au fourreau, même si ce n’est pas elle qui a occasionné sa sortie, selon les termes du président centrafricain, lors de son discours, à l’occasion de la journée internationale de la paix, ce 21 septembre.

Malgré qu’il n’y ait pas eu une bonne convergence de point de vue, pendant la tentative de négociation de paix de ce 20 septembre, les différentes parties prenantes de cette crise doivent doubler d’action afin de permettre le retour de paix dans cette ville stratégique de la Centrafrique.

Catégories :Sécurité

Des parties stratégiques de la Centrafrique abandonnées aux hommes en armes

Les régions de la Centrafrique où la présence des hommes en armes ont été signalées

Depuis 2008, le sud-est, l’est, le Nord et le Centre nord de la Centrafrique font théâtre de la prise, la reprise et l’occupation jusque là définitive des hommes en armes, centrafricains et étrangers. Ceci se passe dans une République nantie des institutions de défense et l’ordre.

Contrairement aux versions du gouvernement centrafricain qui affirme que « la sécurité est assurée à plus de 80% sur l’ensemble du territoire nationale« , la réalité sur le terrain en dit autrement.

La LRA, maître du sud-est et de l’est de la Centrafrique depuis 2007

C’est vers la fin de l’année 2007 que les premières nouvelles de la pénétration des éléments rebelles ougandaises de la LRA (Lord Resistance Army) de Joseph Koni en Centrafrique, ont été entendues. Depuis ce temps, une bonne partie du sud-est et de l’est du pays est aux mains de ces. Sans s’inquiéter, ni se gêner de se voir aussi gêner par l’Armée centrafricaine, ces hommes ont depuis cette date jusqu’alors, fait tué plus de 2000 personnes et fait déplacé de chez eux plus de 4000 autres, selon un rapport de l’ONU, publié en 2011.

Depuis l’occupation du territoire centrafricain par ces hommes, il n’ya jamais eu une action de chasse concrète organisée par l’armée centrafricaine contre ce mouvement considéré de terroriste par le Président américain Barak Obama. N’eut été la volonté du président américain à aider les gouvernements des pays victimes de la LRA (Soudan, Centrafrique RD. Congo, Ouganda) à mettre hors d’état de nuire ce mouvement, le législatif centrafricain n’a jamais interpellé le ministre de la défense pour des explications sur cette occupation qui dure déjà et qui continue de faire des malheurs au sein de la population centrafricaine.

Malgré qu’une action militaire concertée, Ouganda – RD. Congo – Centrafrique appuyer par les Etats-Unis et la France, est en cours, cette rébellion ne se gène de rien et que ce « serait très difficile avec l’évolution actuelles des choses de les chasser de la Centrafrique », avait affirmé une femme otage de la LRA qui a réussit à s’évader en juin dernier, après 2 ans de captivité.

Joseph Koni, le chef rebelle de la LRA

« Il existe plus de 1000 éléments de la LRA actuellement sur le territoire centrafricain », avait affirmé la même victime, et qui, toujours selon elle, « divisés en groupe d’une vingtaine » et qui attaque, pillent, tuent, violent et font des otages au sein de la population dont les unes sont utilisées comme esclaves sexuelles et les autres comme combattant et comme transporteurs de leur butin.

Baba Ladé, le nouveau Roi du Centre-nord de la Centrafrique

Accompagné par plus de 1000 hommes armés, le chef rebelle tchadien du FPR (Front populaire pour le redressement), Baba Ladé le chef rebelle tchadien s’est retranché sur le territoire centrafricain depuis 2008. Baba Ladé fuyant là, la puissance de feu de l’armée tchadienne.

Deux accords de cessation d’hostilités ont été signés en tripartie (RCA – Tchad et la l’UFR), dont le dernier date de Bangui, le 13 juin 2011, qui prévoit tous « La cessation de paix avec Ndjamena et le départ du rebelle tchadien et des ses hommes sur le territoire centrafricain ».

Malgré cette volonté de la paix, Baba Ladé et ses hommes gardent encore position en Centrafrique et commencent depuis 3 mois à commettre des exactions, pillages, vols et meurtres. Seulement, le chef rebelle tchadien nie toutes ces accusations, malgré qu’il y ait des preuves flagrantes.

L’espoir de voir Baba Ladé quitter le territoire centrafricain se trouve dans leur prochaine mission à Ndjamena dans cette semaine. L’option de forces n’est pas aussi écartée en comprenant le chargé des affaires militaires tchadiennes à l’ambassade tchadienne en Centrafrique qui affirme à la presse que « Baba Ladé n’est pas le 1er rebelle tchadien, ni le 1er mercenaire. Nous avons eu à faire face et à négocier à des hommes qui ont des milliers de Toyota 4X4 ».

Vision partagée par les hommes politiques centrafricains et la population des régions victimes de ces hommes. Martin Ziguélé, président du parti politique du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) qui est « pour des actions

Malgré plusieurs accords de paix signés, Baba Ladé et ses hommes gardent encore position sur le territoire centrafricain

mêmes coercitives pour imposer la paix ».

Ce qui fait douter plusieurs observateurs est que si l’option FORCE est approuvée, cela ne pourrait pas engendrer davantage le phénomène des coupeurs de route ou de vol à main armée, dont on en parlera un peu plus loin dans cet article.

Le Nord-est de la Centrafrique, à la merci des hommes en armes

Le 24 novembre 2010, la ville stratégique de Birao est tombée entre les mais de la rébellion centrafricaine de la Convention des patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), appuyée par une rébellion tchadienne. Il y avait plusieurs morts dans les rangs des FACA (Forces armées centrafricaines).

Ces hommes y sont installés pendant plus de 10 jours. C’en ait été au gouvernement centrafricain, ces hommes vont rester à Birao pour un bon moment. Le président François Bozizé était obligé de faire appel à son ami et voisin, le Tchadien Idriss Deby Itno, pour bouter ces hommes, hors de la Centrafrique. Depuis ce temps, des hommes en armes circulent librement et commettent des exactions sommaires au sein de la population civile centrafricaine de la localité. Pourtant, il ya une région militaire à Birao.

Les patrouilles se font « régulièrement », mais pas pour grand-chose. La population continue de souffrir.

A l’est 2 rébellions se font la peau et la population en tire les conséquences

La Centrafrique a aussi un bastion ethnique qui ne dit pas son nom. Les ethnies Rounga et les Goula. Ces deux ethnies se regardent depuis fort longtemps en rivales qu’ils sont obligés de créer deux rébellions. La CPJP et l’UFDR  (Union des forces démocratiques et républicaines) qui s’affrontent ouvertement déjà depuis 1 mois.

Pour exercer une pression sur le gouvernement afin de trouver un palliatif, l’UFDR est obligée de s’emparer de la ville de Sam Ouandja où elle règne en maître et imposée un blocus, depuis plus d’un mois deja.

A vrai dire, le but des deux rébellions à leur création était de s’auto défendre, avant d’évoluer au fil de temps vers des revendications politiques, à cause de l’intervention sournoise des politiques ces affaires. Le Processus du DDR (Désarment démobilisation et réinsertion des ces rebellions) a du coup de plomb dans l’aile vu que l’UFDR occupe présentement Sam Ouandja et qu’ils se battent avec la CPJP.

Le nord et ses rebelles

Au nord de Centrafrique, l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) fait la loi, depuis 2007. Malgré que le mouvement soit signataire de l’accord de paix avec le gouvernement, ses armes ne sont pas encore restituées aux autorités. Un état de chose qui rend fragile la paix afin de faciliter la libre circulation des biens et personnes.

Martin Koumtamdji, retranché dans l’extrême nord du pays impose des conduites à tenir à la population

Outres, la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain  (FDPC) de Martin Koumtamdji, allias Abdoulaye Miskine, qui a refusé mordicus tout accord de paix, s’est retranché dans l’extrême nord du pays (dans les régions de Batangafo et Kabo) et impose des conduites à tenir à la population. Dans ses zones, les institutions républicaines n’ont pas Droit de Cité. La négociation de paix avec cette rébellion est en pause, vu qu’il une manque de volonté.

La sécurité, sensiblement réduite en Centrafrique

En faisant le calcul de cette analyse, il ressort des faits exposés que la situation sécuritaire a sensiblement baissé en Centrafrique. Il est certes vrai que la sécurité est assurée à plus de 80% dans la capitale Bangui, mais cela n’est seulement qu’un arbre qui cache la forêt.

La Réforme du Secteur Sécurité (RSS) entreprise par le gouvernement, appuyée par des bailleurs à travers les Documents stratégiques pour la réduction de la population (DSRP), doit vraiment miser sur ces aspects, vu que le pays prépare l’exploitation du pétrole par une société chinoise, de l’Uranium par le géant du nucléaire français AREVA, du ciment et la poursuite des activités de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).