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Archive for the ‘Politique’ Category

Grand Retour de Tango Ti Mbi – le Blog de Hippolyte Donossio

Mes chers amis.

Après 5 ans d’inactivités liées à mes diverses occupations, je vous annonce la reprise de la publication sur mon Blog Tango Ti mbi.

Je vous annonce également le changement de la ligne éditoriale de mon blog à cause de mes occupations professionnelles actuelles. Des innovations et nouveauté ont été apporté. Informer vos proches, partagez autour de vous.

Mais en attendant, vous pouvez parcourir mes anciennes publications!

Merci

Hippolyte Donossio

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Bozizé, le retour à la case de départ ?

Un feu fait par les manifestants © Hippolyte Donossio

Jet de pierre, incendie de pneus, route barricadée, destruction des édifices publiques, tire d’AK 47, de grenade lacrymogène, bref, voilà le spectacle qu’a livré le 2 août 2012 les malheureux du concours d’entrée dans les rangs des Forces Armées centrafricaines (FACA), dans plusieurs quartiers de la ville de Bangui. La ville a vécu par là, un moment similaire à celui qui a marqué l’apogée du régime de l’ancien président, feu Ange Félix Patassé, et qui a vu l’arrivée au pouvoir par coup de force, de l’actuel président François Bozizé.

Plusieurs milliers de jeunes centrafricains désœuvrés sont descendus dans la rue pour dire non à la manière dont le recrutement a été organisé. Les manifestations se sont déroulées dans plusieurs arrondissements de la capitale centrafricaine.

Ces jeunes ont procédé à la destruction de plusieurs biens publics, dont la prison centrale de Ngaragba, laissant évader plusieurs centaines de prisonniers, dont des criminels. Les jeunes manifestants sont allés au delà de leur folie jusqu’à casser le buste du président Bozizé qui se trouve au Jardin du Cinquantenaire parmi ceux des 5 anciens présidents qui ont dirigé la Centrafrique.

Bozizé, le retour à la case et départ ?

Les manifestants © Hippolyte Donossio

Si l’on fait une comparaison entre ce qui se passe en ce moment à celui de 2001, qui a occasionné la chute de Patassé en 2003, on peut dire qu’il y a de tempête dans l’air pour celui qui a été appelé Libérateur et Sauveur des centrafricains, François Bozizé.

Bozizé est en ce moment rejeté par son propre camp. Pourquoi ? Parce que c’est dans ce même Boy Rabe qui casse le buste de Bozizé aujourd’hui que sa rébellion a été préparée, a été née et a pris le pouvoir. Ce même Boy Rabe est entrain de crier, « Nous ne voulons plus Bozizé ».

Qu’a fait Bozizé pour être si vite vomis par son propre camp en 9 ans seulement de pouvoir, alors que le Quartier Ouango par exemple, continue de pleurer l’ancien président Koligba, 31 ans après son règne ? La mentalité des centrafricains a-t-elle changé, ou bien Bozizé a fait preuve de l’amateurisme dans la gestion de la cité ?

En tout cas, ce qui se passe en ce moment est bien plus profond que sa simple perception. Comment peut-on imaginer que pour seulement 650 places, l’Etat major de l’armée peut accepter d’enregistrer jusqu’à 10.000 dossiers de candidature ? Le calcul est simple, pour 5000 FCFA par dossier, on peut arriver jusqu’à 50 000 000 FCFA. Alors, si c’est le million qui préoccupait l’Etat major, qu’on sorte cette somme non remboursée aux intéressés, pour réparer ces édifices détruits.

Les régimes se suivent et se ressemblent

Si Bozizé reprochaient à Patassé de ne pas bien prendre soin des centrafricains, notamment des jeunes, eh bien le bâton est entrain de retourner vers l’envoyeur. Tout le monde, du moins la majorité de tous sait que le camp Bozizé est divisé en ce moment. Et ce qui se passe, montre ce qui pourrait être qualifié de la gestion vaine de cette division interboziziste.

Qui pourrait croire hier que les jeunes de Boy Rabe peuvent crier aujourd’hui « Bozizé Dégage », comme ils l’ont fait à Patassé ? Visiblement, les régimes se suivent et se ressemblent en République centrafricaine, pays du panafricaniste Barthélemy Boganda.

Tout compte fait, un vent est entrain de souffler en ce moment sur l’Afrique. Le régime actuel est averti. Il faut juste éviter une sortie catastrophique et honteuse.

Retranché à la base militaire de Bangui M’Poko pour négocier la paix, Abdoulaye Issène se confie

Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix © Hippolyte Donossio

Trois semaines après son arrivée à Bangui dans le cadre de négociation de paix avec le gouvernement, Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) m’a donné une interview exclusive. De l’origine de sa rébellion, aux actions de ses éléments sur le terrain, en passant par la composition de son mouvement, l’affaire Massi, la rivalité entre la CPJP et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’avenir de la CPJP après le désarmement… « je ne me suis jamais confié ainsi à un journaliste », comme dit-il.

Ce mardi 17 juillet 2012, rendez vous est pris par téléphone avec Abdoulaye Issène. A 9h30mn, je suis arrivé à la base militaire de Bangui M’Poko. Là je me suis présenté aux éléments de la force multinationale de la FOMUC qui garde l’entrée de cette importante base militaire, qui se trouve dans une annexe de l’aéroport international de Bangui M’Poko. Encore un autre coup de fil, Issène d’une voix accueillante réponds « Oui mon cher ami, j’envoie une personne tout de suite te chercher ».

L’entrée de la base, il faut le dire, est gardée à double tour par des hommes lourdement armés. « Votre Pièce ! Ok, votre numéro de visiteur est le ###, si vous l’oubliez, vous n’aurez plus droit à votre pièce », me lance ce ‘’Chef de Poste’’. Une fois à l’intérieur, mon guide me dit, « le Général a dit qu’il veut seulement vous accueillir dans sa chambre, donc on y va directement ».

A l’intérieur de la chambre, une pièce de 5 mètres sur 7, le gars, castard, long de presque 2 m, cheveux tressés en natte vers l’arrière, d’aspect vif, visage souriant m’accueille, avec un « Bonjour mon frère, sois le bienvenu, comment tu vas, le travail ainsi que la famille ? », puis il me propose : « Du Coca ? », je l’ai répondu par non et je lui propose juste de l’eau plate.

Abdoulye Issène Ramadane et le début de la CPJP

Abdoulye Issène Ramadane que la majorité des centrafricains ne connaissent le nom qu’après les premières attaques de son mouvement armé en 2008 dans le nord-est, a avoué avoir fait toutes ses études de en République centrafricaine. Il n’a cependant pas donné son plus haut diplôme mais se dit scandaliser par « ce que faisait et est encore entrain de faire le politique centrafricain ». « Allez au bord de la route, regardez comment les jeunes souffrent, ils ne trouvent pas de travail, ils sont écartés du jeu politique, alors que les autorités se vantent pour dire que  les jeunes sont associés dans la gestion de la chose publique », dit-il d’entrée de jeu.

Visiblement consterné, Abdoulye Issène donne l’exemple du ministre du Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) Xavier Sylvestre Yangongo, qui, selon lui, « m’a raconté pendant une réunion qu’il a été ministre sept fois consécutifs, et qu’il en est fier. Je lui ai demandé si vraiment c’est lui seul dans le pays, mais il m’a répondu d’un air méprisant que c’est parce qu’il est compétant ». Le chef de la CPJP m’offre l’occasion de d’apprécier moi même. Pour lui, de telles situations méritent d’être « dénoncées avec toute l’énergie et tous les moyens dont on dispose ».

Le début de la rébellion

Abdoulye Issène n’a pas voulu trop longuement s’atteler sur les en dessous du démarrage de sa rébellion. Mais il affirme juste que « je savais que le risque que j’avais voulu prendre était énorme, mais j’étais animé par l’esprit de sortir ma jeunesse de la pauvreté, et non seulement de me battre pour mon ethnie comme plusieurs opinions sont encore entrain de le percevoir ainsi ».

A ma question de savoir qui finance sa rébellion et qui est son mentor, Issène, souriant me répond en s’exclamant « C’est la jeunesse ! », avant d’ajouter que « s’il y a quelqu’un dans l’ombre qui me soutient, c’est toujours cette jeunesse désœuvrée, marginalisée et écartée du processus de développement de la Centrafrique, notre mère patrie ».

J’ai profité de cette occasion, pour lui poser la question sur l’apport du disparu Charles Massi à ce groupe armé à l’époque. Abboulye Issène hésitant, voulant se mettre en colère, puis temporise et me répond « la question Massi fait parti de nos conditions pour signer l’accord de paix, c’est même l’une des plus importantes conditions que nous avons fixé au gouvernement. Mais pour l’instant, je ne veux pas trop parler de ce grand homme ».

« Nous ne menons que des attaques ciblées et nous ne touchons que des cibles précises »

Abboulye Issène fait l’économie des mots sur l’appellation de son mouvement. Il préfère dire que la CPJP n’est pas une rébellion, mais plutôt « une révolution des jeunes qui ont marre de la gestion actuelle de la République centrafricaine. La CPJP n’est donc pas une rébellion, mais plutôt une révolution », dit-il avec un regard serein.

J’ai insisté en citant plusieurs attaques de ce mouvement dont des pertes en vies humaines ont été déplorées, m      ais ce chef de « révolutionnaires » obstiné, me répond que « nous ne menons que des attaques ciblés et nous ne touchons que des cibles précises, mais n’empêche qu’il y ait des dommages collatéraux, mais la plupart des victimes ne sont que ceux qui s’entêtent à exécuter les ordres des combattants », avant de reconnaitre qu’ « il y a aussi des brebis-galeuses parmi les éléments qui commettent des actions isolées, mais ceux-ci ont été systématiquement sanctionnés. La CPJP n’est pas un mouvement d’impunité ».

Sur la question de la rivalité entre le mouvement de la CPJP et celui de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une autre rébellion qui opère dans la même zone que le CPJP, Issène refuse carrément de se prononcer sur le sujet. Il me dit juste que « je sais que les médias avaient beaucoup contribué à faire empirer la situation. Pour l’instant, c’est du passé, ce sont nos frères, nous nous sommes déjà réconciliés et je pense que nous allons marcher ensemble pour la construction de notre pays ».

Et si la CPJP désarme…

A ma question de savoir que sera l’avenir de la CPJP après le désarmement de ses éléments, Issène brondit le procès verbal de la mise en place de son mouvement, daté du 24 février 2010 au village d’Akousroubak, et ajoute : « parcourez ce document et voyez comment la CPJP est bien structurée. Nous avons un bureau politique et une branche armée. S’il arrive que l’aile armée désarme, nous allons avec le bureau politique mettre en place un parti politique. Nous voulons aussi participer aux élections démocratiques pour animer la vie politique de notre pays ».

Le chef de la CPJP ne s’arrête pas là. Pour lui, la devise de la République centrafricaine (Unité – dignité – Travail) doit être revue. « Je propose que la devise devienne Unité – Travail – Dignité », dit-il. Il justifie sa position en ces termes : « nous devrons être unis pour travailler, et c’est le travail qui va nous rendre digne, et non l’inverse ».

Pour ce qui concerne les plaintes de la population des zones sous contrôle des éléments de la CPJP, qui sont cités pour des cas d’assassinats, d’extorsions et autres cas de piétinements des Droits de l’Homme, celui qui se fait appelé Chef de révolution se dit « désolé de tout ce qui était arrivé, mais nous tenons à ce qu’ils ne se reproduisent plus jamais, car nous sommes déjà sur la voix de la paix et cette paix va revenir définitivement dans notre pays ».

Pour finir notre conversation, Abdoulaye hausse le ton pour « prévenir ceux qui disent que je suis de connivence avec le Président Bozizé et que je ne suis pas digne de négocier la paix avec le pouvoir de Bangui. J’ai les documents qui le prouve (il brondit à nouveau le procès verbal de la mise en place du bureau de la CPJP). Que ces fantômes sortent de leur cachette et présentent aussi leur document ! », avant de conclure que « ce n’est pas Issène, la CPJP ou Bozizé qu’ils sont entrain de salir et de défier mais c’est plutôt la Centrafrique, et le peuple centrafricain. Il y a un temps pour faire la guerre et il y a aussi un temps pour faire la paix ».

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Les armes, un excellent fond de commerce en Centrafrique

Des armes de guerre couramment utilisées dans des conflits armés en Centrafrique, (Photo REUTERS/Damir Sagolj)

Visiblement en République centrafricaine depuis le milieu des années 90 jusqu’aujourd’hui, les armes restent un excellent moyen pour se faire entendre ou d’accéder à la fonction suprême de l’Etat. Ces derniers temps également, certains particuliers utilisent les armes comme un véritable fond de commerce. Un fait qui met en péril la vie de plusieurs milliers de centrafricains, mais qui fait profiter un groupuscule d’individu.

La folie de grandeur et la soif du pouvoir restent la cause clé du malheur du pays. La République centrafricaine fait partie de top liste des pays à coup d’Etat à répétition réussie ou ratée en Afrique. Depuis son indépendance acquise le 13 août 1960, le pays totalise 4 coups réussi : 1966 : Jean Bédel Bokassa contre David Dacko, 1979 David Dacko contre Bokassa Ier, 1981 : André Kolingba contre David Dacko2003 : François Bozizé contre Ange-Félix Patassé.

L’avènement de la démocratie s’est accompagné avec les armes

Avec l’avènement de la démocratie en début des années 90 avec l’élection démocratique de l’ex président et défunt Ange Félix Patassé, les armes deviennent en mains de certains groupes comme l’utile voix de revendication. Inutile de revenir sur le fond des revendications de la mutinerie d’une partie de l’armée de 1996 et 1997. Mais on sait que c’était une manifestation violente organisée par d’ex élites du défunt président André Kolingba et pilotée de façon sournoise par ce dernier.

On verra que ce Kolingba va se prononcer officiellement lors du coup de force raté du 28 mai 2001, suite auquel sa tête sera mise à prix pour plusieurs million de Francs CFA par le président Patassé à l’époque.

L’année 2001, le point de départ d’« Armes, produits de business » !

Le coup d’Etat raté de Kolingba en 2001, marque cependant le point de départ de différente utilisation d’armes pour des fins que le peuple centrafricain ignore, mais que son nom est utilisé à répétition, pour signifier les ambitions d’un petit groupe d’égoïstes qui ne cherchent que ses propres intérêts.

Des vagues d’interpellations, d’arrestations voir d’exécutions ont suivi le 28 mai. Le ministre de la défense de l’époque et celui qui présidait jusqu’au 15 mai 2012, la rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a été limogé et contraint à l’exil. Le chef d’Etat major de l’armée, François Bozizé, celui qui présidait un mouvement de « Libérateurs » et qui s’est emparé du pouvoir en 2001, s’est fait aussi limoger et contraint à prendre le maquis en 2002, et qui se trouve maintenant comme président « élu démocratiquement » à la tête du pays.

« En moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’est fait de désagréables compagnies dans le nord »

Le général François Bozizé a réussi à maintenir son règne en évitant de se faire arracher le pouvoir depuis son arrivée en fonction. Mais il faut dire que ce n’est pas la date de la libération du peuple centrafricain comme plusieurs teneurs du régime actuel se vantent de le dire. Après le 15 mars 2003, en moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’était fait de désagréables compagnies dans le nord, région dans laquelle sa rébellion a été née.

Mais ce qu’il faut dire, c’est que ces rebellions ne sont jamais arrivées à la porte de la capitale Bangui, mais restent plutôt dans l’arrière pays pour prendre en otage, les paisibles populations civiles. Plusieurs revendications des ces mouvements armés ne sont que claniques, ethniques voir régionalistes, et non du peuple centrafricain comme dit dans les dénominations de ces mouvements rebelles : Front démocratique du peuple centrafricain, Armée populaires pour la restauration de la démocratie, Convention des patriotes pour la justice et la Paix…

Il y a aussi ces chefs dévoués à la guerre !

Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji, un chef rebelle centrafricain (Photo Net)

En Centrafrique, il y a aussi certains leaders de rebellions, qui voire leur statut dans le pays ne préfèrent que la guerre. Le tchado-centrafricain Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji par exemple, n’a jamais aspiré à la paix en Centrafrique.

Tenez, sous le régime Patassé qui était son protecteur et parrain, ce chef de guerre a été patron d’un groupe d’auto défense dans la région de Bantangafo, Kabo, et Sido, puis s’est transformé en chef d’Anti-Zaraguina (anti coupeurs de route), avant d’être chef de milices qui fut une bête noire de Bozizé pendant sa rébellion, et aujourd’hui, chef rebelle. Ce gars jusqu’alors n’a pas encore paraphé les documents de paix et ses éléments continuent de faire souffrir les civiles.

Voilà un exemple de guerrier dévoué qui continue de prendre un otage Mr Commun des Mortels à Batangafo !

Bien que la communauté internationale décaisse des milliards de Francs CFA pour le programme DDR (Désarment, démobilisation et réinsertion), rien ne prouve encore que c’est le crépuscule du caquètement des armes en Centrafrique. Ce qui choque, c’est que la première victime de la guerre, c’est l’innocence !

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Bangui : Arrêtés pour tentative de déstabilisation de pouvoir, les accusés témoignent

Les dix jeunes, membres de Réseau des Organisations des Jeunes de Centrafrique (ROJECA), une structure qui œuvre pour la promotion des droits et devoirs de l’enfant, arrêtés le jeudi 28 juin, ont finalement été relâchés le vendredi 6 juillet dernier, sans aucune charge retenue contre eux.  Ils ont été interpellés et accusé selon plusieurs sources, pour avoir préparé un projet de déstabilisation du pouvoir en place à Bangui. Tango Ti Mbi publie le témoignage de ces jeunes.

Tout d’abord, l’histoire commence à la barrière de PK9 (sotie sud de Bangui), cette journée du 28 juin alors que les jeunes se rendaient à Mbaïki dans le cadre d’une activité de leur organisation. « Ce n’est pas la première fois que nous organisons de telles activités, car nous avons déjà testé l’expérience dans certains villages qui entourent Bangui, et se basant sur les expériences des réussites, nous nous sommes dit pourquoi pas le faire aussi dans les grandes villes », a affirmé un des jeunes.

Lors de leur interpellation à la barrière de PK 9 « on ne nous a pas fait part officiellement de ce soit disant projet de complot contre l’Etat. Mais on nous a seulement notifié que nous n’avons pas nos documents de voyage en règle et que notre association n’est pas reconnu officiellement par notre ministère de tutelle, le ministère de la jeunesse et des sports », a ajouté un autre jeune.

Pour une autre victime, « nous avons peur lorsque des informations ont infiltré que nous sommes accusés de complot contre l’Etat, car c’est une accusation extrêmement grave ». Une semaine et un jour maintenu au commissariat du port à Bangui, « nous témoignons que nous n’avons pas été maltraités. Nos téléphones ont été récupérés entre nos mains, mais il y avait un autre qui a été mis à notre disposition, pour nous permettre d’appeler nos parents ».

Libérés, aucune charge n’a été retenu contre ces jeunes, « mais nous craignons cependant pour notre sécurité, car nous savons qu’il y a des agents de services de renseignements qui nous suivent désormais, mais  nous n’avons pas peur de poursuivre nos activités », attestent-ils.

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A quand François Bozizé foulera les marches de l’Elysée ?

De G. à D. François Hollande, président français et François Bozizé, président centrafricain (Photo Internet, Montage Hippolyte Donossio)

Voilà 3 mois et un jour ce 7 juillet que François Hollande a été élu président de la République française. L’homme qui a annoncé « un jour terrible pour les dictateurs et une bonne nouvelle pour les démocrates », semble désormais faire peur à certains présidents africains dont celui de la République centrafricaine, François Bozizé.

De Ouattara à Kabila en passant par Bozizé, Biya, Béby… la liste est longue pour ces présidents africains, pourtant des ex-colonies françaises qui n’ont pas encore été accueillis officiellement par ce socialiste qui officie à la tête de l’exécutif français.Tout porte à croire que la relation entre le palais de l’Elysée et certains palais africains semble prendre une autre direction.

Décidément Hollande veut en finir avec le Diktat de certains présidents africains !

Cette tournure se vérifie par le fait que seulement très peu de chefs d’Etat africains sont reçus à l’Elysée depuis 3 mois que François Hollande est président de la République. Effective fin de la françafrique ou nouvelle stratégie dans des relations franco-africaines ? En tout cas, difficile de répondre à cette question en seulement deux mois et demi après l’investiture du président socialiste.

Mais on le sait, d’ailleurs les présidents africains le savent aussi bien que François Hollande qui semble dissoudre la cellule Afrique de l’Elysée a plusieurs fois déclaré dans ses meetings ses intentions que «défendre l’idée que la démocratie vaut partout dans le monde, et notamment en Afrique ».

Une position soutenue par Jean-Louis Bianco, député socialiste, ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre des Affaires sociales pour qui : « d’abord, pour la politique africaine de la France […], le grand changement, c’est qu’on aura affaire à un président normal. C’est-à-dire un président qui sera constant, qui sera fiable, qui sera prévisible et dont les idées et les discours ne varieront pas au fil du temps… ».

Ce message envoyé par cette nouvelle France est valable pour Bozizé, pour Sassou, pour Compaoré, et même pour Boni et les autres. Autrement dit pour la France, si ce président n’est pas FIABLE, il sera alors FAIBLE. Le peuple centrafricain est un peuple fort, donc FIABLE, et c’est son message à Monsieur le Président !

Et qu’en est-il pour Bozizé en particulier ?

François Bozizé accueilli par Nicolas Sarkozy au palais de l’Élysée à Paris (Photo AFP)

Cela ne vaut pas la peine de revenir sur l’élection toujours controversée de Bozizé au Palais de la Renaissance en Centrafrique. L’opposition réunie au sein du Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011 en Centrafrique, FARE 2011, continue toujours de demander l’annulation et la reprise des élections qui plongent désormais François Bozizé dans son second et dernier mandat à la tête du pays, d’après les prescriptions de la Constitution centrafricaine.

Pour l’instant, plusieurs commentateurs n’excluent pas la possibilité à l’homme qui est arrivé pour la première fois à la tête de la Centrafrique par le biais d’un coup d’Etat, le 15 mars 2003, de modifier la Constitution et de se présenter pour une troisième fois aux élections de 2016. Une chose que Hollande prétend vouloir combattre…

D’ailleurs, les teneurs du pouvoir de Bangui doivent cependant savoir que Paris, même sous Sarkozy et maintenant sous Hollande a reçu plusieurs correspondances décryptant que la gestion du pouvoir de l’Etat est axée sur le népotisme, le clientélisme, l’affairisme, encore plus grave l’impunité ayant mis complètement en difficulté François Bozizé.

Sur le terrain maintenant en Centrafrique, le paradoxe qualifié du siècle par le journal Centrafric Matin, est le cas des riches du grand jour connus sous le vocable vernaculaire de « Yongoro nguiza » (longue coupure de Banque), issus du gouvernement et qui continue de tourner dans la pensée du Centrafricain comme le fait que le chef de l’Exécutif préside un conseil d’opérateurs économiques et non du gouvernement. Une des raisons qui poussent Hollande à ne pas accueillir son homonyme Bozizé.

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Quand le gouvernement ivoirien dit la vérité sur l’expulsion d’Aimable MPORE et l’affaire de 65 millions de francs CFA

Aimable Mpore. Photo Astou Arnould

Depuis le 19 janvier 2012, Aimable Mpore n’est plus persona non grata en Cote d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien vient de dire la vérité sur l’expulsion injustifiée à l’encontre de l’ex directeur général de la société de téléphonie mobile MTN.

En effet, Aimable Mpore a été expulsé du territoire national ivoirien le 5 février 2009 par un arrêté signé par le ministre de l’intérieur de l’époque et portant le numéro 161/MI/CAB avec exigence de quitter le pays dans 96 heures (4 jours). C’était suite à une aide financière à hauteur de 65 millions de Francs CFA, que MTN avait accordée aux populations d’un village sinistré par une intoxication alimentaire dans le cadre des actions sociales du chef de l’état. Après avoir versé l’argent qui servait à régler les déplacements des ambulances, la construction d’un dispensaire, la société MTN a reçu une lettre de remerciement émanant de la présidence. Sur le talon du chéquier du livre comptable de la société, un comptable de la société avait spécifié : « et au chef de l’État » La raison donc de l’expulsion a été que cette mention ne fait pas honneur au chef de l’État ivoirien. C’est ainsi, manu militari, Aimable Mpore, DG de la société MTN devait quitter la Côte d’Ivoire.

L’actuel ministère d’Etat, ministère de l’intérieur, du gouvernement de Guillaume Soro, vient d’abroger l’arrêté d’expulsion par celui au numéro 075/MEMI/CAB, en date du 19 janvier 2012.  « Ce gouvernement a corrigé la faute commise par le régime ivoirien en février 2009 » dit Aimable, visiblement soulagé.

Aimable Mpore, actuel directeur général du premier réseau de téléphonie mobile en Centrafrique a donc fait part de sa joie à quelques web-journalistes centrafricains, le 28 mars 2012 à Bangui. Il est ravi d’être  désormais libre de tout déplacement au pays des Eléphants d’Afrique.

Pour Mpore, cette décision n’est que « l’émergence de la vérité dans une injustice flagrante qu’avait fait preuve le régime de Laurent Gbagbo à mon égard ». Le directeur général de Telecel Centrafrique dit éprouver un sentiment de soulagement à l’écoute de cette nouvelle, car « c’était une affaire privée qui s’était transformée en affaire d’Etat et avait pris une ambleur que beaucoup de personne ne comprenaient pas mon niveau d’implication…».

Pour continuer, Aimable Mpore se réjouit de diriger Telecel Centrafrique et compte le faire dans la stricte règle du métier.