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Archive for the ‘Justice’ Category

Grand Retour de Tango Ti Mbi – le Blog de Hippolyte Donossio

Mes chers amis.

Après 5 ans d’inactivités liées à mes diverses occupations, je vous annonce la reprise de la publication sur mon Blog Tango Ti mbi.

Je vous annonce également le changement de la ligne éditoriale de mon blog à cause de mes occupations professionnelles actuelles. Des innovations et nouveauté ont été apporté. Informer vos proches, partagez autour de vous.

Mais en attendant, vous pouvez parcourir mes anciennes publications!

Merci

Hippolyte Donossio

Bangui : Arrêtés pour tentative de déstabilisation de pouvoir, les accusés témoignent

Les dix jeunes, membres de Réseau des Organisations des Jeunes de Centrafrique (ROJECA), une structure qui œuvre pour la promotion des droits et devoirs de l’enfant, arrêtés le jeudi 28 juin, ont finalement été relâchés le vendredi 6 juillet dernier, sans aucune charge retenue contre eux.  Ils ont été interpellés et accusé selon plusieurs sources, pour avoir préparé un projet de déstabilisation du pouvoir en place à Bangui. Tango Ti Mbi publie le témoignage de ces jeunes.

Tout d’abord, l’histoire commence à la barrière de PK9 (sotie sud de Bangui), cette journée du 28 juin alors que les jeunes se rendaient à Mbaïki dans le cadre d’une activité de leur organisation. « Ce n’est pas la première fois que nous organisons de telles activités, car nous avons déjà testé l’expérience dans certains villages qui entourent Bangui, et se basant sur les expériences des réussites, nous nous sommes dit pourquoi pas le faire aussi dans les grandes villes », a affirmé un des jeunes.

Lors de leur interpellation à la barrière de PK 9 « on ne nous a pas fait part officiellement de ce soit disant projet de complot contre l’Etat. Mais on nous a seulement notifié que nous n’avons pas nos documents de voyage en règle et que notre association n’est pas reconnu officiellement par notre ministère de tutelle, le ministère de la jeunesse et des sports », a ajouté un autre jeune.

Pour une autre victime, « nous avons peur lorsque des informations ont infiltré que nous sommes accusés de complot contre l’Etat, car c’est une accusation extrêmement grave ». Une semaine et un jour maintenu au commissariat du port à Bangui, « nous témoignons que nous n’avons pas été maltraités. Nos téléphones ont été récupérés entre nos mains, mais il y avait un autre qui a été mis à notre disposition, pour nous permettre d’appeler nos parents ».

Libérés, aucune charge n’a été retenu contre ces jeunes, « mais nous craignons cependant pour notre sécurité, car nous savons qu’il y a des agents de services de renseignements qui nous suivent désormais, mais  nous n’avons pas peur de poursuivre nos activités », attestent-ils.

Catégories :Justice, Politique Étiquettes :

Quand le gouvernement ivoirien dit la vérité sur l’expulsion d’Aimable MPORE et l’affaire de 65 millions de francs CFA

Aimable Mpore. Photo Astou Arnould

Depuis le 19 janvier 2012, Aimable Mpore n’est plus persona non grata en Cote d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien vient de dire la vérité sur l’expulsion injustifiée à l’encontre de l’ex directeur général de la société de téléphonie mobile MTN.

En effet, Aimable Mpore a été expulsé du territoire national ivoirien le 5 février 2009 par un arrêté signé par le ministre de l’intérieur de l’époque et portant le numéro 161/MI/CAB avec exigence de quitter le pays dans 96 heures (4 jours). C’était suite à une aide financière à hauteur de 65 millions de Francs CFA, que MTN avait accordée aux populations d’un village sinistré par une intoxication alimentaire dans le cadre des actions sociales du chef de l’état. Après avoir versé l’argent qui servait à régler les déplacements des ambulances, la construction d’un dispensaire, la société MTN a reçu une lettre de remerciement émanant de la présidence. Sur le talon du chéquier du livre comptable de la société, un comptable de la société avait spécifié : « et au chef de l’État » La raison donc de l’expulsion a été que cette mention ne fait pas honneur au chef de l’État ivoirien. C’est ainsi, manu militari, Aimable Mpore, DG de la société MTN devait quitter la Côte d’Ivoire.

L’actuel ministère d’Etat, ministère de l’intérieur, du gouvernement de Guillaume Soro, vient d’abroger l’arrêté d’expulsion par celui au numéro 075/MEMI/CAB, en date du 19 janvier 2012.  « Ce gouvernement a corrigé la faute commise par le régime ivoirien en février 2009 » dit Aimable, visiblement soulagé.

Aimable Mpore, actuel directeur général du premier réseau de téléphonie mobile en Centrafrique a donc fait part de sa joie à quelques web-journalistes centrafricains, le 28 mars 2012 à Bangui. Il est ravi d’être  désormais libre de tout déplacement au pays des Eléphants d’Afrique.

Pour Mpore, cette décision n’est que « l’émergence de la vérité dans une injustice flagrante qu’avait fait preuve le régime de Laurent Gbagbo à mon égard ». Le directeur général de Telecel Centrafrique dit éprouver un sentiment de soulagement à l’écoute de cette nouvelle, car « c’était une affaire privée qui s’était transformée en affaire d’Etat et avait pris une ambleur que beaucoup de personne ne comprenaient pas mon niveau d’implication…».

Pour continuer, Aimable Mpore se réjouit de diriger Telecel Centrafrique et compte le faire dans la stricte règle du métier.

Quand l’OCRB fait mauvais office en Centrafrique

Il existe en République centrafricaine un office de répression du banditisme appelé OCRB. Ce service mis en place pour sanctionner les déviants dans la société centrafricaine est plus que jamais aujourd’hui un outil dans la main d’une minorité ou de ceux à la « poche pleine », pour régler leur compte.

« Si je n’ai pas volé et si on voulait m’amener à l’OCRB, je vais automatiquement affirmer à tort », a expliqué Jean Grengbo, un jeune centrafricain vendeur ambulant au centre ville de Bangui. La question qui se pose est que pourquoi plus que jamais les accusés n’inspirent plus confiance à l’OCRB.

Les vraies missions de l’OCRB

L’Office Centrafricain de Répression du Banditisme, (OCRB) est une branche de la police centrafricaine chargée normalement de la répression du banditisme comme cela est précisé dans son appellation.

Cependant, cette branche de la police se mêle de tout sans distinction, interférant dans les litiges de nature purement civile ou commerciale, agissant bien souvent sans instructions voire à l’insu du parquet et en dehors de la loi.

Sous l’anonymat, un policier de l’OCRB a indiqué sur les conditions d’interpellation des personnes, que « les personnes sont arrêtées, placées en geôle, le temps pour les enquêteurs de rechercher les preuves de ce qui leur est reproché ».

Il n’ya pas de question de présomption d’innocence chez OCRB

Voir le traitement des personnes par l’OCRB, on peut affirmer cependant sans crainte que ce service ne respect plus la question de présomption d’innocence. « Dès qu’on t’amène, on commence d’abord à te frapper les paumes de pièds tout en te posant la question de dire rien que la vérité même si tu n’a rien fait », affirmé Guy Sélékon, un habitant de Damala, accusé d’avoir volé une roue de pousse-pousse.

Il s’agit là, « d’une véritable dénaturation d’un principe fondamental en droit pénal exigeant au préalable l’existence d’indices suffisants et sérieux concordants et graves pour une arrestation », a affirmé cependant un responsable de la police centrafricain qui a requit l’anonymat.

Par ailleurs, cette pratique irrégulière explique les prolongations illégales de la durée de la garde-à-vue devenues coutumières en Centrafrique et non pas simplement une absence de moyens.

 

On vit la mort dans les geôles !

La geôle exiguë de l’OCRB Centrale par exemple, d’une surface de moins de 12m carré, contient plus de 60 personnes, entassées les unes sur les autres dans l’obscurité à une température qui peut avoisiner 40° lorsqu’il fait très chaud.

Les conditions sanitaires de ces personnes restent également à désirer.

Des indices de ce genre ne fait que ternir l’image de la République centrafricaine vu qu’elle a été plusieurs doigtée par les associations humanitaires de sabotage des droits humains.

Catégories :Justice

« Grand Machin » sème la terreur à Gobongo

samedi 25 juin 2011

Les photos que le plaignant a montrées à la rédaction de Radio Ndeke Luka parlent d’elles-mêmes. On y voit un homme, la trentaine environ, solidement ligoté à un arbre. Une photo le montre de face. Une autre de profil. Une troisième de dos. Les images montrent également une foule de curieux assez éloignée de l’arbre qui sert de potence.

Nous sommes à Gobongo, un quartier populeux de Bangui. Le contentieux oppose Serge Rangba à un certain Yannick qui serait sergent-chef de la garde présidentielle. Yannick est surnommé « Grand Machin ». Une banale vente de ciment s’est transformée en drame.
Serge, démarcheur, avait dix sacs de ciment à vendre. Il en a vendu 2 sacs à un pasteur qui n’a pas signalé un quelconque cas de fraude ou  de contrefaction du produit. Il propose le reste de la marchandise au sergent-chef Yannick alias « Grand-machin » qu’il a rencontré sur son chantier de construction. Ce dernier lui fait une commande de trois sacs et le marché est conclu. « Grand Machin » revient plus tard et déclare que le produit est contrefait. Serge propose sur le champ de reprendre ses produits et de rembourser.  « Grand-machin »  accompagné d’un autre élément de la garde présidentielle, demande plutôt à Serge de les suivre.
Malheureusement,  le sergent-chef va le traiter de tous les noms d’oiseaux, ainsi que sa femme et ses sœurs. Ils l’embarqueront en fin de compte pour la « base marine » au bord du cours d’eau Ngoubagara. Sur les lieux quatre  autres éléments les attendaient. Ils  déshabillent Serge, le ligotent, l’attachent à un arbre et commencent à le molester avec des files et certains autres objets.

C’est l’intervention d’un élément de la gendarmerie qui mettra fin au supplice. Le gendarme  fait appel à la base où des gendarmes sont déployés sur les lieux. Ces derniers ne peuvent désarmer le «Desperado » qui fait sortir deux grenades et menace de l’exposer si on le touche. Après plusieurs moments de discussion avec ses amis d’armes, notre héros se rend.

La fin de l’histoire ? Le sergent-chef, une fois au poste, accepte d’être remboursé. Pas de poursuite contre lui. Quant au pauvre Serge, on l’a conduit dans un mauvais état à l’hôpital de la gendarmerie où il reçu des soins avant d’être placé en garde à vue, puis relâché.
C’est un article de Radio Ndeke Luka. Je vous laisse la latitude d’apprécier cela à sa juste valeur. Je parlais dans un précédant article de l’impunité en Centrafrique, voilà un exemple pour vous dire que la population centrafricaine ne peut toujours être totalement libre à cause de ces fous qui se croient tout permis !
Catégories :Justice

Un journaliste mis aux arrêts à Bangui, mais pour quel chef accusation ?

samedi 28 mai 2011

 

Le Journal Les Collines de Basoubangui de Faustin Bambou © Hippolyte Donossio
Il s’appelle Faustin Bambou. Il est rédacteur en chef du quotidien « les Collines de Bas-Oubangui ». C’est ce vendredi 27 mai 2011, qu’il a été mis en arrestation et détenu à la Section de Recherches et d’Investigations pour nécessités d’enquête.
Le motif de son arrestation pourrait être lié à la publication d’une nouvelle sur la grogne des retraités militaires et la mise en cause de certaines autorités dans la gestion des fonds versés par l’Union Européenne. Ces derniers ont souvent assiégé les locaux de l’Union Européenne. Ils avaient par le passé accusé les autorités du pays de détournements des fonds alloués par l’UE à leur cause.
Il y a plus de 2 ans, Bambou avait été arrêté puis relâché suite à une information accusant de détournement de fonds le ministre des mines Sylvain Ndoutingaye à l’époque, actuel ministre des Finances.
C’est une dépêche que j’ai lu sur le site internet de Radio Ndeke Luka. Je me demande pour quel chef d’accusation ? Oui quelle justice ? Ce qui m’a vite sauté à l’œil, c’est que la Centrafrique se dit pays où la liberté de presse et d’expression est respectée.
Faire du journaliste en RCA, c’est creuser la dalle
Pourtant sur le terrain, excusez-moi le terme mais c’est la merde. Bon pour arrêter le confrère Faustin pour avoir publié une information non vérifiée, ce n’est pas synonyme d’amener des militaires armés jusqu’aux dents pour l’arrêter comme un tueur. NON.
Dans les pays où tout va bien, il serait convoqué et répondra dans le strict respect de la loi. Si à 3 reprises il n’a pas répondu à sa convocation, c’est ainsi que les appareils répressifs de l’Etat doivent être mis en marche pour l’arrêter.
En tout cas, en matière des Droits, la RCA est classé parmi les tous premiers à signer et ratifier les textes, mais la mise en valeur reste cependant très problématique.
Les journalistes sont des poubelles en RCA
Je me souviens le 27 et 28 mars derniers, deux journalistes ont été agressés dans cette seule ville de Bangui.
Cyrus-Emmanuel Sandy, Directeur de publication du quotidien indépendant MEDIAS+ a été séquestré le lundi 28 mars 2011, par un groupe d’étudiants résidents de l’Ecole Normale Supérieure (ENS). Ces jeunes ont assiégé son domicile où se trouve également sa direction de publication, pour manifester leur mécontentement contre un article qui les aurait incriminés. La scène a eu lieu de 05h à 07h du matin.
Cet incident est survenu à la suite d’un cas de violence sur un cameraman de la Télévision Centrafricaine dimanche 27 mars au centre de vote du Lycée Miskine à Bangui. Il a été agressé par les partisans d’un Candidat du parti KNK aux législatives. Le Cameraman filmait une bagarre entre des électeurs KNK et un président de bureau de vote. Il a également vu son matériel de reportage entièrement saccagé, avec notamment une camera détruite.
Le droit d’informer n’existe pas chez moi
C’est un peu exagéré de voir ces gars qui naturellement ne cherche qu’à informer ceux qui la plus part ne sont même pas les membres de leur famille. C’est une preuve qu’en Centrafrique les délits de presse ne sont dépénalisés.
Autre problème c’est que les politiques centrafricains pensent que les réalités sont les mêmes qu’en occident. Là-bas, les journalistes doivent être au parfait de tout. Ce qui pousse les hommes publics occidentaux à tout mettre à la disposition des journalistes pour ne pas être salis.
Or, dans les échanges qu’ils font avec les occidentaux, ceux-ci les confient aux journalistes pour des « On ne sait pas ». C’est ça qu’on dit pays Démocratique !
En Centrafrique les gens commettent des délits mais n’ont pas la conscience de ce qu’ils font. Malgré tout, ils veulent qu’on les caresse dans le sens du poil. Mais sinon, le cas Bambou va se reproduire.
Quelque soit la durée de la nuit, le soleil finira toujours par apparaître. Les journalistes centrafricains doivent encore se battre et je crois qu’ils vaincront.

Affaire DSK, quelle leçon pour la justice centrafricaine ?

lundi 16 mai 2011

« L’inculpation de Dominique Strauss-Kahn dimanche matin par le parquet de New York pour agression sexuelle est un véritable séisme politique », c’est ce que j’ai lu sur le site du Figaro ce 16 mai 2011. Mais ma question est de savoir, quelle leçon cette affaire peut donner à la justice centrafricaine souvent accusée à tort ou à raison de maitresse d’impunité ?
Je serais maudit par tous, si je compare la justice centrafricaine à celle des USA. Il n’y a pas de matière à comparaison ici. Mais je dirais que ceci est un exemple pour ces hommes et ces femmes de droits centrafricains qui continuent de caresser les présumés ou les coupables dans le sens du poil.
On ne touche pas aux intouchables en RCA
En Centrafrique, je ne peux même pas oser dire que même « un petit directeur » d’une « petite société financière » peut passer devant la justice, pour quoi qu’il a fait. Tout le monde est l’ami, le cousin, le frère du Président.
Ce titre protège du coup tout le monde de tous les dangers. Eh ben oui, tous le monde a vu comment les présumés de l’affaire Rayan ont été traités. Rayan est un grand super marché des expatriés libanais qui avait pris feu en mi 2010. Les présumés sont encore dans une prison militaire, sans procès.
Plusieurs plaintes déposées contre les sois disant Parents ou Amis du Président trainent encore dans les armoires des Hommes de droits centrafricains. Ça me fait mal quand je discute avec les enfants du pays qui me disent « mais qu’est ce que tu veux qu’on fasse ? La justice n’est pas faite pour nous ».
La raison appartient au plus fort
Les centrafricains n’ont plus confiance à la justice de leur pays quand il s’agit d’une affaire qui les opposent à un expatrié. Même si l’affaire DSK était à Bangui, je suis convaincu que le Président du FMI ne soit arrêté.
Ceci non seulement parce que le milieu est corrompt mais aussi parce qu’il s’agit dans le cas d’espèce, d’un bailleur de fonds. Chez nous qui dit bailleur, dès qu’il met pied dans le pays il est devenu intouchable même s’il viole des règles du pays.
Pendant son discours d’investiture le 15 mars dernier, le président Bozizé a promis faire un toilettage du milieu. Très bonne initiative. Mais il va falloir que les choses changent par la base, puisque dans les commissariats de police et les services de la gendarmerie, c’est l’enfer. Tout cela va finir un jour, mais je pense ce n’est pas demain la veille.
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