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Archive for juillet 2012

Retranché à la base militaire de Bangui M’Poko pour négocier la paix, Abdoulaye Issène se confie

Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix © Hippolyte Donossio

Trois semaines après son arrivée à Bangui dans le cadre de négociation de paix avec le gouvernement, Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) m’a donné une interview exclusive. De l’origine de sa rébellion, aux actions de ses éléments sur le terrain, en passant par la composition de son mouvement, l’affaire Massi, la rivalité entre la CPJP et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’avenir de la CPJP après le désarmement… « je ne me suis jamais confié ainsi à un journaliste », comme dit-il.

Ce mardi 17 juillet 2012, rendez vous est pris par téléphone avec Abdoulaye Issène. A 9h30mn, je suis arrivé à la base militaire de Bangui M’Poko. Là je me suis présenté aux éléments de la force multinationale de la FOMUC qui garde l’entrée de cette importante base militaire, qui se trouve dans une annexe de l’aéroport international de Bangui M’Poko. Encore un autre coup de fil, Issène d’une voix accueillante réponds « Oui mon cher ami, j’envoie une personne tout de suite te chercher ».

L’entrée de la base, il faut le dire, est gardée à double tour par des hommes lourdement armés. « Votre Pièce ! Ok, votre numéro de visiteur est le ###, si vous l’oubliez, vous n’aurez plus droit à votre pièce », me lance ce ‘’Chef de Poste’’. Une fois à l’intérieur, mon guide me dit, « le Général a dit qu’il veut seulement vous accueillir dans sa chambre, donc on y va directement ».

A l’intérieur de la chambre, une pièce de 5 mètres sur 7, le gars, castard, long de presque 2 m, cheveux tressés en natte vers l’arrière, d’aspect vif, visage souriant m’accueille, avec un « Bonjour mon frère, sois le bienvenu, comment tu vas, le travail ainsi que la famille ? », puis il me propose : « Du Coca ? », je l’ai répondu par non et je lui propose juste de l’eau plate.

Abdoulye Issène Ramadane et le début de la CPJP

Abdoulye Issène Ramadane que la majorité des centrafricains ne connaissent le nom qu’après les premières attaques de son mouvement armé en 2008 dans le nord-est, a avoué avoir fait toutes ses études de en République centrafricaine. Il n’a cependant pas donné son plus haut diplôme mais se dit scandaliser par « ce que faisait et est encore entrain de faire le politique centrafricain ». « Allez au bord de la route, regardez comment les jeunes souffrent, ils ne trouvent pas de travail, ils sont écartés du jeu politique, alors que les autorités se vantent pour dire que  les jeunes sont associés dans la gestion de la chose publique », dit-il d’entrée de jeu.

Visiblement consterné, Abdoulye Issène donne l’exemple du ministre du Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) Xavier Sylvestre Yangongo, qui, selon lui, « m’a raconté pendant une réunion qu’il a été ministre sept fois consécutifs, et qu’il en est fier. Je lui ai demandé si vraiment c’est lui seul dans le pays, mais il m’a répondu d’un air méprisant que c’est parce qu’il est compétant ». Le chef de la CPJP m’offre l’occasion de d’apprécier moi même. Pour lui, de telles situations méritent d’être « dénoncées avec toute l’énergie et tous les moyens dont on dispose ».

Le début de la rébellion

Abdoulye Issène n’a pas voulu trop longuement s’atteler sur les en dessous du démarrage de sa rébellion. Mais il affirme juste que « je savais que le risque que j’avais voulu prendre était énorme, mais j’étais animé par l’esprit de sortir ma jeunesse de la pauvreté, et non seulement de me battre pour mon ethnie comme plusieurs opinions sont encore entrain de le percevoir ainsi ».

A ma question de savoir qui finance sa rébellion et qui est son mentor, Issène, souriant me répond en s’exclamant « C’est la jeunesse ! », avant d’ajouter que « s’il y a quelqu’un dans l’ombre qui me soutient, c’est toujours cette jeunesse désœuvrée, marginalisée et écartée du processus de développement de la Centrafrique, notre mère patrie ».

J’ai profité de cette occasion, pour lui poser la question sur l’apport du disparu Charles Massi à ce groupe armé à l’époque. Abboulye Issène hésitant, voulant se mettre en colère, puis temporise et me répond « la question Massi fait parti de nos conditions pour signer l’accord de paix, c’est même l’une des plus importantes conditions que nous avons fixé au gouvernement. Mais pour l’instant, je ne veux pas trop parler de ce grand homme ».

« Nous ne menons que des attaques ciblées et nous ne touchons que des cibles précises »

Abboulye Issène fait l’économie des mots sur l’appellation de son mouvement. Il préfère dire que la CPJP n’est pas une rébellion, mais plutôt « une révolution des jeunes qui ont marre de la gestion actuelle de la République centrafricaine. La CPJP n’est donc pas une rébellion, mais plutôt une révolution », dit-il avec un regard serein.

J’ai insisté en citant plusieurs attaques de ce mouvement dont des pertes en vies humaines ont été déplorées, m      ais ce chef de « révolutionnaires » obstiné, me répond que « nous ne menons que des attaques ciblés et nous ne touchons que des cibles précises, mais n’empêche qu’il y ait des dommages collatéraux, mais la plupart des victimes ne sont que ceux qui s’entêtent à exécuter les ordres des combattants », avant de reconnaitre qu’ « il y a aussi des brebis-galeuses parmi les éléments qui commettent des actions isolées, mais ceux-ci ont été systématiquement sanctionnés. La CPJP n’est pas un mouvement d’impunité ».

Sur la question de la rivalité entre le mouvement de la CPJP et celui de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une autre rébellion qui opère dans la même zone que le CPJP, Issène refuse carrément de se prononcer sur le sujet. Il me dit juste que « je sais que les médias avaient beaucoup contribué à faire empirer la situation. Pour l’instant, c’est du passé, ce sont nos frères, nous nous sommes déjà réconciliés et je pense que nous allons marcher ensemble pour la construction de notre pays ».

Et si la CPJP désarme…

A ma question de savoir que sera l’avenir de la CPJP après le désarmement de ses éléments, Issène brondit le procès verbal de la mise en place de son mouvement, daté du 24 février 2010 au village d’Akousroubak, et ajoute : « parcourez ce document et voyez comment la CPJP est bien structurée. Nous avons un bureau politique et une branche armée. S’il arrive que l’aile armée désarme, nous allons avec le bureau politique mettre en place un parti politique. Nous voulons aussi participer aux élections démocratiques pour animer la vie politique de notre pays ».

Le chef de la CPJP ne s’arrête pas là. Pour lui, la devise de la République centrafricaine (Unité – dignité – Travail) doit être revue. « Je propose que la devise devienne Unité – Travail – Dignité », dit-il. Il justifie sa position en ces termes : « nous devrons être unis pour travailler, et c’est le travail qui va nous rendre digne, et non l’inverse ».

Pour ce qui concerne les plaintes de la population des zones sous contrôle des éléments de la CPJP, qui sont cités pour des cas d’assassinats, d’extorsions et autres cas de piétinements des Droits de l’Homme, celui qui se fait appelé Chef de révolution se dit « désolé de tout ce qui était arrivé, mais nous tenons à ce qu’ils ne se reproduisent plus jamais, car nous sommes déjà sur la voix de la paix et cette paix va revenir définitivement dans notre pays ».

Pour finir notre conversation, Abdoulaye hausse le ton pour « prévenir ceux qui disent que je suis de connivence avec le Président Bozizé et que je ne suis pas digne de négocier la paix avec le pouvoir de Bangui. J’ai les documents qui le prouve (il brondit à nouveau le procès verbal de la mise en place du bureau de la CPJP). Que ces fantômes sortent de leur cachette et présentent aussi leur document ! », avant de conclure que « ce n’est pas Issène, la CPJP ou Bozizé qu’ils sont entrain de salir et de défier mais c’est plutôt la Centrafrique, et le peuple centrafricain. Il y a un temps pour faire la guerre et il y a aussi un temps pour faire la paix ».

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Quand les réseaux sociaux s’invitent dans les occupations et les préoccupations du vacancier à Bangui

Période des « petites bricoles », temps des délires,  moments des rencontres dans des balles de jeunes et des « battles », mais les réseaux sociaux semblent désormais s’ajouter aux occupations et aux préoccupations du jeune lycéen centrafricain, cette année. A un mois seulement du début des grandes vacances, toutes les folies des jeunes semblent s’orienter vers les réseaux sociaux, notamment Facebook.

Dans des cybers cafés, sur des terminaux mobiles, des téléphones mobiles classiques, le vacancier centrafricain ne laissent rien passer aux hasards pour se « connecter ». « Je n’avais pas voulu me séparer de mes amis, et je supporte mal leur absence, c’est pourquoi, à tout moment je me connecte pour être toujours en contacte avec eux. Je me connecte à tout moment même à minuit, quand je me lève, il faut que je me connecte », a affirmé Béranger, élève au Lycée de La Renaissance à Bangui.

Des avis mitigés

Virginie surfant sur le net © Hippolyte Donossio

Béranger du moins se connecte pour garder ses liens avec ses amis de l’école, mais sa raison n’est pas de partage avec plusieurs autres élèves vacanciers de Bangui. « Moi je n’ai pas trop de connaissance de l’utilisation des réseaux sociaux et pendant l’époque des classes, mes collègues se moquaient de moi, car je n’ai pas beaucoup d’amis sur Facebook ou je ne sais pas chatter. C’est pourquoi je suis entrain de me préparer pour les affronter l’année prochaine », a confié Donis, élève au lycée Barthélemy Boganda de Bangui.

Plusieurs autres élèves sont d’avis que Donis, mais les avis ne s’arrêtent pas à ce niveau. Marina, élève au lycée féminin Pie XII, quant à elle ne manque pas le surf sur le net pendant ses vacances parce que « j’avais un petit ami, mais le gars s’en ai passé de moi et est sorti avec une de mes amies par le canal de Facebook. Je veux lui rendre aussi la monnaie, et voilà pourquoi je multiplie les rencontres sur Facebook ».

Par ces témoignages, on peut dire que les réseaux sociaux font désormais partie des occupations des vacanciers centrafricains. Ceux qui n’ont pas de téléphones sur lesquels il y a l’accès à internet, se battent pour se trouver une petite somme, même en utilisant souvent des moyens illicites, afin se connecter. « De fois je suis obligé d’extorquer de l’argent à mes parents pour me permettre d’aller au cyber, parce qu’ils n’ont pas voulu nous faire abonner à internet à la maison, alors les autres en ont », témoigne Yves, élève au lycée privé du Centre Protestant pour le Jeunesse (CPJ).

Le soir, les cybers café sont remplis. Un coup d’œil sur les écrans, montrent que 9 utilisateurs sur 10 sont sur Facebook. Ce réseau social enregistre aussi plusieurs nouveaux utilisateurs.

Les balles des jeunes et les kermesses n’ont pas encore commencé. Mais pour l’instant, les jeunes s’affluent sur les réseaux, mais ils ont hâte de ce moment, car « nous allons exploser nos profils avec les photos de nos délires », se réjouit Alan, du lycée Saint Kizito.

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Les armes, un excellent fond de commerce en Centrafrique

Des armes de guerre couramment utilisées dans des conflits armés en Centrafrique, (Photo REUTERS/Damir Sagolj)

Visiblement en République centrafricaine depuis le milieu des années 90 jusqu’aujourd’hui, les armes restent un excellent moyen pour se faire entendre ou d’accéder à la fonction suprême de l’Etat. Ces derniers temps également, certains particuliers utilisent les armes comme un véritable fond de commerce. Un fait qui met en péril la vie de plusieurs milliers de centrafricains, mais qui fait profiter un groupuscule d’individu.

La folie de grandeur et la soif du pouvoir restent la cause clé du malheur du pays. La République centrafricaine fait partie de top liste des pays à coup d’Etat à répétition réussie ou ratée en Afrique. Depuis son indépendance acquise le 13 août 1960, le pays totalise 4 coups réussi : 1966 : Jean Bédel Bokassa contre David Dacko, 1979 David Dacko contre Bokassa Ier, 1981 : André Kolingba contre David Dacko2003 : François Bozizé contre Ange-Félix Patassé.

L’avènement de la démocratie s’est accompagné avec les armes

Avec l’avènement de la démocratie en début des années 90 avec l’élection démocratique de l’ex président et défunt Ange Félix Patassé, les armes deviennent en mains de certains groupes comme l’utile voix de revendication. Inutile de revenir sur le fond des revendications de la mutinerie d’une partie de l’armée de 1996 et 1997. Mais on sait que c’était une manifestation violente organisée par d’ex élites du défunt président André Kolingba et pilotée de façon sournoise par ce dernier.

On verra que ce Kolingba va se prononcer officiellement lors du coup de force raté du 28 mai 2001, suite auquel sa tête sera mise à prix pour plusieurs million de Francs CFA par le président Patassé à l’époque.

L’année 2001, le point de départ d’« Armes, produits de business » !

Le coup d’Etat raté de Kolingba en 2001, marque cependant le point de départ de différente utilisation d’armes pour des fins que le peuple centrafricain ignore, mais que son nom est utilisé à répétition, pour signifier les ambitions d’un petit groupe d’égoïstes qui ne cherchent que ses propres intérêts.

Des vagues d’interpellations, d’arrestations voir d’exécutions ont suivi le 28 mai. Le ministre de la défense de l’époque et celui qui présidait jusqu’au 15 mai 2012, la rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a été limogé et contraint à l’exil. Le chef d’Etat major de l’armée, François Bozizé, celui qui présidait un mouvement de « Libérateurs » et qui s’est emparé du pouvoir en 2001, s’est fait aussi limoger et contraint à prendre le maquis en 2002, et qui se trouve maintenant comme président « élu démocratiquement » à la tête du pays.

« En moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’est fait de désagréables compagnies dans le nord »

Le général François Bozizé a réussi à maintenir son règne en évitant de se faire arracher le pouvoir depuis son arrivée en fonction. Mais il faut dire que ce n’est pas la date de la libération du peuple centrafricain comme plusieurs teneurs du régime actuel se vantent de le dire. Après le 15 mars 2003, en moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’était fait de désagréables compagnies dans le nord, région dans laquelle sa rébellion a été née.

Mais ce qu’il faut dire, c’est que ces rebellions ne sont jamais arrivées à la porte de la capitale Bangui, mais restent plutôt dans l’arrière pays pour prendre en otage, les paisibles populations civiles. Plusieurs revendications des ces mouvements armés ne sont que claniques, ethniques voir régionalistes, et non du peuple centrafricain comme dit dans les dénominations de ces mouvements rebelles : Front démocratique du peuple centrafricain, Armée populaires pour la restauration de la démocratie, Convention des patriotes pour la justice et la Paix…

Il y a aussi ces chefs dévoués à la guerre !

Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji, un chef rebelle centrafricain (Photo Net)

En Centrafrique, il y a aussi certains leaders de rebellions, qui voire leur statut dans le pays ne préfèrent que la guerre. Le tchado-centrafricain Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji par exemple, n’a jamais aspiré à la paix en Centrafrique.

Tenez, sous le régime Patassé qui était son protecteur et parrain, ce chef de guerre a été patron d’un groupe d’auto défense dans la région de Bantangafo, Kabo, et Sido, puis s’est transformé en chef d’Anti-Zaraguina (anti coupeurs de route), avant d’être chef de milices qui fut une bête noire de Bozizé pendant sa rébellion, et aujourd’hui, chef rebelle. Ce gars jusqu’alors n’a pas encore paraphé les documents de paix et ses éléments continuent de faire souffrir les civiles.

Voilà un exemple de guerrier dévoué qui continue de prendre un otage Mr Commun des Mortels à Batangafo !

Bien que la communauté internationale décaisse des milliards de Francs CFA pour le programme DDR (Désarment, démobilisation et réinsertion), rien ne prouve encore que c’est le crépuscule du caquètement des armes en Centrafrique. Ce qui choque, c’est que la première victime de la guerre, c’est l’innocence !

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Qu’est ce que « Tango Ti Mbi »

Tango Ti Mbi (Mon temps, mon époque en Sango, langue nationale de la Centrafrique) est un blog créé par un jeune journaliste centrafricain.

L’auteur par ce blog, veut mettre en lumière l’autre angle de l’information qui échappe à l’analyse des autres médias qui parlent de la Centrafrique. Tango Ti Mbi s’efforce de creuser  au maximum, les en-dessous de l’actualité sur la République centrafricaine.

Comme slogan « Un coup de projeteur sur ce qui se passe à mon temps en Centrafrique », Tango Ti Mbi ne laisse rien passer inaperçu de l’actualité. De la politique en passant par le sport, à la justice, l’auteur met en lumière le maximum de faits qui se produisent en Centrafrique.

C’est une plateforme qui permet à l’auteur, d’expliquer à sa manière ce qu’il a vu et a vécu dans ce pays, méconnu des médias internationaux et dont l’accès à internet reste de 0,4 pour 1000 habitants.

Contact: donhip2@gmail.com

Skype: hipple13

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Bangui : Arrêtés pour tentative de déstabilisation de pouvoir, les accusés témoignent

Les dix jeunes, membres de Réseau des Organisations des Jeunes de Centrafrique (ROJECA), une structure qui œuvre pour la promotion des droits et devoirs de l’enfant, arrêtés le jeudi 28 juin, ont finalement été relâchés le vendredi 6 juillet dernier, sans aucune charge retenue contre eux.  Ils ont été interpellés et accusé selon plusieurs sources, pour avoir préparé un projet de déstabilisation du pouvoir en place à Bangui. Tango Ti Mbi publie le témoignage de ces jeunes.

Tout d’abord, l’histoire commence à la barrière de PK9 (sotie sud de Bangui), cette journée du 28 juin alors que les jeunes se rendaient à Mbaïki dans le cadre d’une activité de leur organisation. « Ce n’est pas la première fois que nous organisons de telles activités, car nous avons déjà testé l’expérience dans certains villages qui entourent Bangui, et se basant sur les expériences des réussites, nous nous sommes dit pourquoi pas le faire aussi dans les grandes villes », a affirmé un des jeunes.

Lors de leur interpellation à la barrière de PK 9 « on ne nous a pas fait part officiellement de ce soit disant projet de complot contre l’Etat. Mais on nous a seulement notifié que nous n’avons pas nos documents de voyage en règle et que notre association n’est pas reconnu officiellement par notre ministère de tutelle, le ministère de la jeunesse et des sports », a ajouté un autre jeune.

Pour une autre victime, « nous avons peur lorsque des informations ont infiltré que nous sommes accusés de complot contre l’Etat, car c’est une accusation extrêmement grave ». Une semaine et un jour maintenu au commissariat du port à Bangui, « nous témoignons que nous n’avons pas été maltraités. Nos téléphones ont été récupérés entre nos mains, mais il y avait un autre qui a été mis à notre disposition, pour nous permettre d’appeler nos parents ».

Libérés, aucune charge n’a été retenu contre ces jeunes, « mais nous craignons cependant pour notre sécurité, car nous savons qu’il y a des agents de services de renseignements qui nous suivent désormais, mais  nous n’avons pas peur de poursuivre nos activités », attestent-ils.

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A quand François Bozizé foulera les marches de l’Elysée ?

De G. à D. François Hollande, président français et François Bozizé, président centrafricain (Photo Internet, Montage Hippolyte Donossio)

Voilà 3 mois et un jour ce 7 juillet que François Hollande a été élu président de la République française. L’homme qui a annoncé « un jour terrible pour les dictateurs et une bonne nouvelle pour les démocrates », semble désormais faire peur à certains présidents africains dont celui de la République centrafricaine, François Bozizé.

De Ouattara à Kabila en passant par Bozizé, Biya, Béby… la liste est longue pour ces présidents africains, pourtant des ex-colonies françaises qui n’ont pas encore été accueillis officiellement par ce socialiste qui officie à la tête de l’exécutif français.Tout porte à croire que la relation entre le palais de l’Elysée et certains palais africains semble prendre une autre direction.

Décidément Hollande veut en finir avec le Diktat de certains présidents africains !

Cette tournure se vérifie par le fait que seulement très peu de chefs d’Etat africains sont reçus à l’Elysée depuis 3 mois que François Hollande est président de la République. Effective fin de la françafrique ou nouvelle stratégie dans des relations franco-africaines ? En tout cas, difficile de répondre à cette question en seulement deux mois et demi après l’investiture du président socialiste.

Mais on le sait, d’ailleurs les présidents africains le savent aussi bien que François Hollande qui semble dissoudre la cellule Afrique de l’Elysée a plusieurs fois déclaré dans ses meetings ses intentions que «défendre l’idée que la démocratie vaut partout dans le monde, et notamment en Afrique ».

Une position soutenue par Jean-Louis Bianco, député socialiste, ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre des Affaires sociales pour qui : « d’abord, pour la politique africaine de la France […], le grand changement, c’est qu’on aura affaire à un président normal. C’est-à-dire un président qui sera constant, qui sera fiable, qui sera prévisible et dont les idées et les discours ne varieront pas au fil du temps… ».

Ce message envoyé par cette nouvelle France est valable pour Bozizé, pour Sassou, pour Compaoré, et même pour Boni et les autres. Autrement dit pour la France, si ce président n’est pas FIABLE, il sera alors FAIBLE. Le peuple centrafricain est un peuple fort, donc FIABLE, et c’est son message à Monsieur le Président !

Et qu’en est-il pour Bozizé en particulier ?

François Bozizé accueilli par Nicolas Sarkozy au palais de l’Élysée à Paris (Photo AFP)

Cela ne vaut pas la peine de revenir sur l’élection toujours controversée de Bozizé au Palais de la Renaissance en Centrafrique. L’opposition réunie au sein du Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011 en Centrafrique, FARE 2011, continue toujours de demander l’annulation et la reprise des élections qui plongent désormais François Bozizé dans son second et dernier mandat à la tête du pays, d’après les prescriptions de la Constitution centrafricaine.

Pour l’instant, plusieurs commentateurs n’excluent pas la possibilité à l’homme qui est arrivé pour la première fois à la tête de la Centrafrique par le biais d’un coup d’Etat, le 15 mars 2003, de modifier la Constitution et de se présenter pour une troisième fois aux élections de 2016. Une chose que Hollande prétend vouloir combattre…

D’ailleurs, les teneurs du pouvoir de Bangui doivent cependant savoir que Paris, même sous Sarkozy et maintenant sous Hollande a reçu plusieurs correspondances décryptant que la gestion du pouvoir de l’Etat est axée sur le népotisme, le clientélisme, l’affairisme, encore plus grave l’impunité ayant mis complètement en difficulté François Bozizé.

Sur le terrain maintenant en Centrafrique, le paradoxe qualifié du siècle par le journal Centrafric Matin, est le cas des riches du grand jour connus sous le vocable vernaculaire de « Yongoro nguiza » (longue coupure de Banque), issus du gouvernement et qui continue de tourner dans la pensée du Centrafricain comme le fait que le chef de l’Exécutif préside un conseil d’opérateurs économiques et non du gouvernement. Une des raisons qui poussent Hollande à ne pas accueillir son homonyme Bozizé.

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Football : Le classement Fifa/Coca-Cola Juin 2012, la RCA occupe désormais la 73e place

L’équipe centrafricaine de football

Le dernier classement Fifa/Coca Cola vient d’être publié ce 4 juillet 2012, classant la République centrafricaine à la 73e place sur l’échelon mondial, sur 205 nations. Sur le plan continental, le pays des Fauves de Bas Oubangui se place désormais au 16e rang, sur 53 nations.

De la 93e en juin, la Centrafrique gagne 20 places pour être désormais la 73e nation du football mondial. Le plus grand bond de ce classement de la Fifa est celui des Fauves à cause des 20 places qu’ils ont gagnées.

Le dernier exploit des Fauves face aux Pharaons d’Egypte (3-2 en match aller en Egypte et 1-1 au retour en RCA) est donc la pièce maitresse de cette nouvelle progression. 16e du continent africain, aucun centrafricain ne pouvait croire, il y a quelques mois, lorsque l’entraineur français des Fauves Jules Acorsi, lâchait l’équipe à cause du non payement de factures, par la fédération centrafricaine de football et le gouvernement de Bangui.

Les supporteurs centrafricains lors du match Centrafrique – Egypte, le 30 juin 2012 à Bangui

Les Fauves doivent encore tenir bon. Le 5 juillet, ils vont connaitre leur adversaire pour le dernier carré de la qualification à la Coupe d’Afrique des Nations Afrique du Sud 2013.

Face à plusieurs de ses adversaires, l’équipe centrafricaine reste encore la plus médiocre dans la préparation des compétitions : Absence des matchs amicaux, le non payement de factures d’hôtel des joueurs, des entraineurs, le regroupement tardif des joueurs (souvent à 4 jours de la compétition)… Malgré tout, les Bamara (appellation en langue nationale des Fauves) avancent doucement et surement.

La génération Momi, Enza, Kettevoama, Salif et les autres sont en train de montrer un bel exemple aux Centrafricains et aux dirigeants politiques qu’avec seulement un peu de moyen et plus de volonté, tout peut aller à merveille. Désormais les poulains d’Hervé Loungoundji n’ont plus peur mais c’est eux qui font peur : Bamara Oyééééééééééééééééééé : Oyéééééééééééééééééééééé

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