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La rue risque de s’embrasser violement quand AREVA annoncera officiellement son retrait de la Centrafrique

Comme l’écoute de la mort tragique du Guide libyen Mouhammar Kadhafi, entendue dans le monde, personne n’est passée inaperçue de l’écoute de la nouvelle du retrait annoncé de la société française, deuxième du nucléaire au monde, et, chargée de l’exploitation de l’uranium centrafricain de Bakouma  (1 000 km à l’est de Bangui). Homme, femme, jeune ou vieux, tout le monde en Centrafrique se tient depuis plus d’une semaine sur ses pieds pour attendre l’annonce officielle du retrait d’AREVA du pays.

En effet, des informations circulent depuis plus de 10 jours en Centrafrique, faisant état que la société de droit français AREVA, ayant d’autres gisements plus alléchants ailleurs, notamment au Niger, aurait renvoyé l’exploitation de l’uranium de Bakouma en 2033.

La rue se mobilise

Rien ne se passe pour l’instant en sournois. La communauté centrafricaine, et principalement la jeunesse est entrain de préparer une grande manifestation pacifique dont on se réserve le droit de dire « antifrançais », si AREVA va annoncer officiellement son retrait du pays. Du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), organe suprême des organisations de la jeunesse centrafricaine, à l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA), en passant par les jeunes chômeurs et les autres mouvements de la jeunesse centrafricaine, on se lance dans une tractation afin de mobiliser un maximum de manifestants et de lobbies afin de faciliter cette descendre dans la rue.

Pour faire preuve de diplomatie d’abord, le CNJ et l’ANECA seraient entrain de contacter les deux signataires de ce contrat d’exploitation de l’Uranium, le gouvernement et la société AREVA, afin de venir s’expliquer sur le pourquoi de report.

« Si AREVA est incapable… le gouvernement centrafricain doit prendre ses responsabilités »

Le président de l’ANECA, Gildas de Carême Benam et le vice président du CNJ Jean Félix Riva, n’ont pas caché leur amertume en déclarant ouvertement dans une radio privée à Bangui « que si AREVA est incapable d’honorer les clauses du contrat qu’elle a dument signé, le gouvernement centrafricain doit prendre ses responsabilités pour dénoncer le contrat, récupérer la licence et vendre à d’autre société pour l’exploitation ».

Les leaders de la jeunesse centrafricaine n’ont pas omis de mettre leur partisans dans la rue, car « si on n’exploite pas notre sous sol, qu’est ce que nous allons devenir, 50 ans après notre indépendance ? », s’interroge Jean Félix Riva et aussi « si vous voyez qu’il y a trop de grève à l’Université de Bangui, c’est parce que nous manquons de tout », a complété Gildas de Carême Benam.

Dans les provinces aussi, « On est prêt à marcher »

Bakouma attend le signal de Bangui pour descendre dans la rue !En tout cas, dans toutes les villes de la Centrafrique, on parle de la main mise de la France sur les ressources du sous sol centrafricain, son ex colonie. L’on se demande où est ce qu’on en est avec la rupture de France-Afrique, toujours chantée par les diplomates français à la tête desquels, le président Nicolas Sarkozy.

Dans un coup de fil passé dans les 16 préfectures de la Centrafrique, tout le monde se mobilise pour attendre le signal de Bangui. On sait déjà que les ressortissants du Mbomou, préfecture où se trouve le gisement ont lancé les premières manifestations en prenant d’assaut le 24 octobre dernier, le siège d’AREVA à Bangui.

Pourquoi AREVA et le politique centrafricain ne parle pas ?

Pour l’instant, le grand mutisme est celui de la société AREVA qui n’a pas encore apporté des démentis sur ces rumeurs. D’après une source proche de la société AREVA, son directeur des opérations en Centrafrique avec quelques délégations se sont rendus en milieu de la semaine sur le site de Bakouma. Aucune information n’est rendue publique sur l’objet de cette visite jusqu’alors.

Du coté de gouvernement, le silence est de même total. On sait que le ministère centrafricain des mines a été rattaché à la présidence, après la mise en place du gouvernement Touadéra III. Pour l’instant, le ministère est dirigé par un ministre délégué Obèd Namsio, qui fut un technicien de l’ancien ministre et actuel celui d’Etat chargé des finances Sylvain Ndoutingaï.

L’opposition elle aussi s’est réduite en silence. Une illustration à ce que le président Français Bozizé la taxe toujours « d’assoiffée de pouvoir et freineuse de développement ». Ceci devrait être une bonne occasion pour l’opposition d’attirer en elle, un grand nombre de partisans.

Plusieurs observateurs face à cette situation croient que le politique centrafricain est entrain de subir une pression. Mais si Bangui ne gérera pas bien cette patate chaude, « l’histoire écrira une nouvelle page », un étudiant de l’Université de Bangui qui a requis l’anonymat.

La main mise de la France sur les ressources de Centrafrique

Où est ce qu'on en est avec la rupture de la france-afrique ?Le président centrafricain François Bozizé avait lancé le mardi 17 octobre 2006 l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma par la société sud- africaine UraMin, la première à grande échelle de ce minerai en Centrafrique.

Areva avait ensuite racheté ces droits à la société canadienne en juillet 2007, un accord que le gouvernement de Bangui avait alors jugé « irrégulier » et « au mépris des droits et intérêts du peuple centrafricain ». Le leader nucléaire français avait finalement signé, le vendredi 1er août 2008 à Bangui, l’accord avec le gouvernement centrafricain pour l’exploitation du gisement.

Pour l’instant on se demande en Centrafrique « pourquoi AREVA veut nous quitter ». Pourtant Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva, à l’issue de la signature de l’accord avait déclaré à Bangui que « c’est un accord gagnant-gagnant. Chacune des parties y trouve son compte… ».

L’exploitation du gisement devrait commencer depuis 2010 dans une zone pilote et la production optimale atteinte entre 2010 et 2013. L’exploitation doit être de très long terme, de trente à quarante ans.

L’exploitation de Bakouma, dont 12% seulement doit revenir à l’Etat centrafricain, devrait générer 1000 emplois directs au sein du groupe AREVA et beaucoup d’autres indirects du fait de la sous-traitance. En outre, Bangui devrait bénéficier de 40 millions de dollars échelonnés sur cinq ans.

Hippolyte Donossio

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