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Quel avenir proche pour l’Université de Bangui ?

La position des enseignants du supérieur ne change pas : Leur statut particulier © Hippolyte Donossio

4 semaines déjà l’Université de Bangui est paralysée par une grève des enseignants. Ils revendiquent l’application d’un décret présidentiel datant du 10 mai 2006, portant leur statut particulier. Depuis lors, des négociations ont été entamées pour dénicher la crise, mais les universitaires ne semblent pas bouger d’un cran sur leur position. La question qui revient est : Quel avenir proche pour l’Université de Bangui ?

« Nous n’excluons pas l’année blanche à l’Université de Bangui et nous prenons le gouvernement responsable ! », s’est exclamé, Dr Zéphirin Mogba, conseiller à l’action syndicale des enseignants du supérieur, lors de leur dernière assemblée général, à Bangui.

Des négociations c’est bon, mais des actes concrets c’est mieux

De la primature, à la mediature en passant pas le ministère de l’enseignement supérieur, le gouvernement intense des pourparlers aux enseignants de l’Université de Bangui, mais pour l’instant rien ne semble vraiment bien  bougé. Les universitaires se disent « fatiguer d’attendre la sortie d’un arrêté exécutant le décret présidentiel, qui n’a que trop duré pour l’instant ».

Un Yoyo ou un jeu de ping-pong ?

La question qui n’échappe pas à certains esprits est que « pourquoi les universitaires ont attendu depuis longtemps pour réagir que maintenant ? ». Mais un docteur en économie, membre du Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNAES), a répondu que « en 2006, le pays vient à peine de sortir d’une crise militaro-politique et on a compris qu’il faut laisser le temps au gouvernement afin de se ressourcer et  ce temps a largement dépassé sa limite et nous avons compris par le silence du gouvernement qu’il faut maintenant passer à l’action ».

Passer à l’action ? OUI. Mais le gouvernement s’est déjà ressourcé alors qu’il vient à peine de sortir des élections générales dont les issues restent encore pendantes ? Tour à tour, le premier ministre et le ministre des enseignements supérieurs n’ont cessé d’affirmer aux grévistes que « la caisse de l’Etat est vide pour permettre la prise en compte des revendications des enseignants du supérieur ». Un Yoyo ou un jeu de ping-pong. Un enseignant cadre et membre du bureau exécutif du SYNAES a affirmé que « si le gouvernement n’a pas de l’argent dans sa caisse pour prendre en compte nos revendications, nous allons rester chez nous à la maison et attendre qu’il ait d’abord de l’argent pour nous payer avant de reprendre le chemin des amphithéâtres ».

Si cette position tient, cela explique que carrément, le gouvernement doit prendre au sérieux la revendication de ces enseignants, au lieu de continuer à toujours chanter le même couplet que « la caisse de l’Etat est vide », alors que « chaque vendredi, il ya la dépense obligatoire de l’Etat, et que certaines hautes autorités jettent de l’argent de leur voiture, à chaque fois qu’ils se rendent dans certains quartiers », a lâché un étudiant en 4e année de médecine .

Le plus bas salaire des enseignants en Afrique centrale est en Centrafrique : Ce qui énerve le plus…

Le campus universitaire, literralement dersert du monde © Hippolyte Donossio

De tous les pays de l’Afrique centrale, le salaire des enseignants de l’Université de Bangui restent le plus bas. Il ne s’agit plus d’un secret. D’après la fiche de payement de salaire d’un enseignant du supérieur que nous avons copie, un docteur à l’Université de Bangui ne gagne que dans les environs de 180.000 FCFA (environs 300Euros), alors qu’un officier de l’armée, après un an de formation seulement gagne presque le double.

C’est ce qui énerve les enseignants du supérieur qui ne peuvent plus continuer « à se faire souffrir, alors que nous savons qu’un texte existe en notre faveur » a affirmé un enseignant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

De l’eau dans le vin, mais le gouvernement ne veut toujours pas !

Les enseignants pendant les négociations ont affirmé qu’ils ne veulent pas dare-dare que « ce décret entre en vigueur maintenant », selon une source proche de la primature. « Nous voulons juste que la décision exécutant le décret soit  prise et que la nouvelle grille salariale entre en vigueur dès l’année académique prochaine. [2011-2012] », a confié un chef de département, également en grève.

4 semaines déjà, les négociations se multiplient mais c’est toujours le statut quo. « Nous avons compris que le gouvernement a une mauvaise foi à faire avancer les choses », affirme toujours ce même chef de département grévistes.

Les étudiants tentent également une négociation, mais…

Inquiets de la situation et de l’année blanche qui se profile, l’Association Nationale des Etudiants centrafricains, ANECA, a rencontré le Médiateur de la République le lundi 22 août dernier pour expliquer l’état d’âme des étudiants, afin de permettre une intervention du Mgr Paulin Pomodimo, Médiateur de la République afin de faire revenir les enseignants sur le bon sentiment.

Vraisemblablement, l’inquiétude des étudiants de Centrafrique n’est qu’une goute d’eau dans la mer. « L’ANECA n’a fait que faire son travail de défendre les intérêts des étudiants centrafricains. Donc nous n’avons rien a changé de notre position qui est d’ailleurs légitime », a tancé un des leaders syndicaux des enseignants.

Pour se faire, le médiateur de la République a rencontré les leaders syndicaux des enseignants de l’Université de Bangui. Mais il est ressorti de la rencontre que les grévistes maintiennent toujours leur position et n’excluent toujours pas la menace d’une année blanche à l’Université de Bangui.

La théorie Mathématique des enseignants :

Comme des Universitaires, les enseignants de l’Université de Bangui ont fait un calcul mathématique « très simple », selon leur terme : Si Pas d’Application du décret 06.156 du 10 Mai 2006 est > Pas de cours à l’Université de Bangui c’est = à Année blanche.

Existe-t-il un règlement de compte politique dans la revendication des enseignants ?

La faculté la plus populaire de l'Université de Bangui semble devenir un lieu "inhabité" en ce moment de grève © Hippolyte Donossio

En tout cas, il est difficile de répondre à cette question. Mais il faut dire que parmi les enseignants grévistes, il y a bel et bien des candidats malheureux aux élections législatives du 23 janvier dernier. Mais il est cependant très difficile de dire que ces enseignants sont entrain d’être manipulés, mais « nous vivons dans un monde des marionnettes où nous sommes manipulés et on nous manipule », selon les dires d’un Dr en philosophie à l’université de Bangui qui a requis l’anonymat, qui se montre neutre dans cette crise.

A vrai dire, l’Université de Bangui  est entrain d’amorcer une descente en enfer que toutes les parties doivent se ressaisir afin de sauver la situation des étudiants centrafricains, qui ont déjà dans certains niveaux, des formations au rabais.

C’est un problème financier, donc seule une solution financière doit le résoudre tel qu’il est parti. Le gouvernement doit miser pour sauver cette cause qui est d’ailleurs juste et légale et de droit, afin de ne pas se faire ternir l’image devant le monde et la Centrafrique !

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