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Archive for août 2011

Quel avenir proche pour l’Université de Bangui ?

La position des enseignants du supérieur ne change pas : Leur statut particulier © Hippolyte Donossio

4 semaines déjà l’Université de Bangui est paralysée par une grève des enseignants. Ils revendiquent l’application d’un décret présidentiel datant du 10 mai 2006, portant leur statut particulier. Depuis lors, des négociations ont été entamées pour dénicher la crise, mais les universitaires ne semblent pas bouger d’un cran sur leur position. La question qui revient est : Quel avenir proche pour l’Université de Bangui ?

« Nous n’excluons pas l’année blanche à l’Université de Bangui et nous prenons le gouvernement responsable ! », s’est exclamé, Dr Zéphirin Mogba, conseiller à l’action syndicale des enseignants du supérieur, lors de leur dernière assemblée général, à Bangui.

Des négociations c’est bon, mais des actes concrets c’est mieux

De la primature, à la mediature en passant pas le ministère de l’enseignement supérieur, le gouvernement intense des pourparlers aux enseignants de l’Université de Bangui, mais pour l’instant rien ne semble vraiment bien  bougé. Les universitaires se disent « fatiguer d’attendre la sortie d’un arrêté exécutant le décret présidentiel, qui n’a que trop duré pour l’instant ».

Un Yoyo ou un jeu de ping-pong ?

La question qui n’échappe pas à certains esprits est que « pourquoi les universitaires ont attendu depuis longtemps pour réagir que maintenant ? ». Mais un docteur en économie, membre du Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNAES), a répondu que « en 2006, le pays vient à peine de sortir d’une crise militaro-politique et on a compris qu’il faut laisser le temps au gouvernement afin de se ressourcer et  ce temps a largement dépassé sa limite et nous avons compris par le silence du gouvernement qu’il faut maintenant passer à l’action ».

Passer à l’action ? OUI. Mais le gouvernement s’est déjà ressourcé alors qu’il vient à peine de sortir des élections générales dont les issues restent encore pendantes ? Tour à tour, le premier ministre et le ministre des enseignements supérieurs n’ont cessé d’affirmer aux grévistes que « la caisse de l’Etat est vide pour permettre la prise en compte des revendications des enseignants du supérieur ». Un Yoyo ou un jeu de ping-pong. Un enseignant cadre et membre du bureau exécutif du SYNAES a affirmé que « si le gouvernement n’a pas de l’argent dans sa caisse pour prendre en compte nos revendications, nous allons rester chez nous à la maison et attendre qu’il ait d’abord de l’argent pour nous payer avant de reprendre le chemin des amphithéâtres ».

Si cette position tient, cela explique que carrément, le gouvernement doit prendre au sérieux la revendication de ces enseignants, au lieu de continuer à toujours chanter le même couplet que « la caisse de l’Etat est vide », alors que « chaque vendredi, il ya la dépense obligatoire de l’Etat, et que certaines hautes autorités jettent de l’argent de leur voiture, à chaque fois qu’ils se rendent dans certains quartiers », a lâché un étudiant en 4e année de médecine .

Le plus bas salaire des enseignants en Afrique centrale est en Centrafrique : Ce qui énerve le plus…

Le campus universitaire, literralement dersert du monde © Hippolyte Donossio

De tous les pays de l’Afrique centrale, le salaire des enseignants de l’Université de Bangui restent le plus bas. Il ne s’agit plus d’un secret. D’après la fiche de payement de salaire d’un enseignant du supérieur que nous avons copie, un docteur à l’Université de Bangui ne gagne que dans les environs de 180.000 FCFA (environs 300Euros), alors qu’un officier de l’armée, après un an de formation seulement gagne presque le double.

C’est ce qui énerve les enseignants du supérieur qui ne peuvent plus continuer « à se faire souffrir, alors que nous savons qu’un texte existe en notre faveur » a affirmé un enseignant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

De l’eau dans le vin, mais le gouvernement ne veut toujours pas !

Les enseignants pendant les négociations ont affirmé qu’ils ne veulent pas dare-dare que « ce décret entre en vigueur maintenant », selon une source proche de la primature. « Nous voulons juste que la décision exécutant le décret soit  prise et que la nouvelle grille salariale entre en vigueur dès l’année académique prochaine. [2011-2012] », a confié un chef de département, également en grève.

4 semaines déjà, les négociations se multiplient mais c’est toujours le statut quo. « Nous avons compris que le gouvernement a une mauvaise foi à faire avancer les choses », affirme toujours ce même chef de département grévistes.

Les étudiants tentent également une négociation, mais…

Inquiets de la situation et de l’année blanche qui se profile, l’Association Nationale des Etudiants centrafricains, ANECA, a rencontré le Médiateur de la République le lundi 22 août dernier pour expliquer l’état d’âme des étudiants, afin de permettre une intervention du Mgr Paulin Pomodimo, Médiateur de la République afin de faire revenir les enseignants sur le bon sentiment.

Vraisemblablement, l’inquiétude des étudiants de Centrafrique n’est qu’une goute d’eau dans la mer. « L’ANECA n’a fait que faire son travail de défendre les intérêts des étudiants centrafricains. Donc nous n’avons rien a changé de notre position qui est d’ailleurs légitime », a tancé un des leaders syndicaux des enseignants.

Pour se faire, le médiateur de la République a rencontré les leaders syndicaux des enseignants de l’Université de Bangui. Mais il est ressorti de la rencontre que les grévistes maintiennent toujours leur position et n’excluent toujours pas la menace d’une année blanche à l’Université de Bangui.

La théorie Mathématique des enseignants :

Comme des Universitaires, les enseignants de l’Université de Bangui ont fait un calcul mathématique « très simple », selon leur terme : Si Pas d’Application du décret 06.156 du 10 Mai 2006 est > Pas de cours à l’Université de Bangui c’est = à Année blanche.

Existe-t-il un règlement de compte politique dans la revendication des enseignants ?

La faculté la plus populaire de l'Université de Bangui semble devenir un lieu "inhabité" en ce moment de grève © Hippolyte Donossio

En tout cas, il est difficile de répondre à cette question. Mais il faut dire que parmi les enseignants grévistes, il y a bel et bien des candidats malheureux aux élections législatives du 23 janvier dernier. Mais il est cependant très difficile de dire que ces enseignants sont entrain d’être manipulés, mais « nous vivons dans un monde des marionnettes où nous sommes manipulés et on nous manipule », selon les dires d’un Dr en philosophie à l’université de Bangui qui a requis l’anonymat, qui se montre neutre dans cette crise.

A vrai dire, l’Université de Bangui  est entrain d’amorcer une descente en enfer que toutes les parties doivent se ressaisir afin de sauver la situation des étudiants centrafricains, qui ont déjà dans certains niveaux, des formations au rabais.

C’est un problème financier, donc seule une solution financière doit le résoudre tel qu’il est parti. Le gouvernement doit miser pour sauver cette cause qui est d’ailleurs juste et légale et de droit, afin de ne pas se faire ternir l’image devant le monde et la Centrafrique !

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Catégories :Education

Au fin fond d’un village pygmées perdu dans la forêt équatoriale, un sauveur de vies humaines en danger de mort !

Angeline Mombi, l'assistante accoucheuse pygmée

De taille moyenne au visage ouvert, des dents pointues et un teint chocolat clair, Angeline Mombi ne sait jamais lire, ni écrire et n’a jamais appris la médecine. Aujourd’hui, elle est la sauveuse de ses concitoyennes pygmées, pendant les accouchements. Nous sommes dans le village de Ka â Ka, perdu dans la grande forêt équatoriale de la Lobaye, à plus de 150 Km de la capitale centrafricaine Bangui, dans la préfecture de la Lobaye.

Angeline, une trentaine, a fait son premier pas dans l’assistance en accouchement à 18 ans « il y a de cela plus de 15 ans », explique-t-elle, lorsque « les sœurs de la religion catholique du diocèse de Mbaïki faisaient leur entrée chez nous, dans le but de nous évangéliser », dit-elle. « J’étais jeune lorsqu’une sœur à moi avait de la peine à accoucher en pleine nuit, et que je l’ai aidé à mettre au monde », précise-t-elle.

Le début hasardeux d’une longue carrière

Après ce geste « incroyable » d’Angeline, les missionnaires catholiques ont vu en elle, un talent qui pourra servir à ses concitoyennes, vu qu’à l’époque, il est difficile que les populations non pygmées puissent accoucher les femmes pygmées, même dans les centres de santé. La jeune femme de l’époque sera coptée et suivra des formations sur le tas, par ces missionnaires, d’origine française.

« De là, j’ai commencé à voyager, jusque même dans la capitale centrafricaine, pour apprendre davantage », explique-t-elle. La pratique se joint aussitôt à la théorie et « tout tournait comme sur une roulette pour moi », dit-elle en souriant.

« Les gens qui nous méprisaient commençait à a voir besoin de nous »

Angeline Mombi accompangée de sa patiente et ses deux enfantsUne fois avoir les mains liées à la pratique accoucheuse, Angeline a compris qu’en matière de santé, « il ne faut pas seulement sauver du danger les siens, mais tout le monde », affirme-t-elle. Elle renchérit que même « les gens qui nous méprisaient commençait à avoir besoin de nous ». Elle fait allusion ici, aux refus des populations non pygmées de soigner les pygmées, dans le temps.

Angeline est recrutée et travaille actuellement dans le centre de santé villageois de Ka â Ka où elle assiste les femmes qui vont accoucher. Elle bénéficie d’un salaire de catéchiste. Ce sont souvent les parents des accouchées qui paient la bonne dame. Elle accouche souvent les femmes dans sa case, où chez elle dans la mesure où ces femmes n’ont pas la possibilité de se déplacer. Elle en est fière et ne se préoccupe pas du coté finance, car « je suis parmi les miens », affirme-t-elle tout bas.

La dignité pygmée selon Angeline

Angeline Mombi a trois enfants et un mari tous pygmées. « A cause de mon travail, il y avait certains hommes non pygmées qui me faisaient la cour, mais je n’aime pas me marier avec ces hommes de peur que mes parents me rejettent et je me retrouve un jour dans une ville », martèle la jeune femme qui devient aussitôt rouge. Les pygmées considèrent comme déviant, tous ceux qui sortent de la brousse pour se faire marier en ville.

Le soir, on peut voir Angeline danser le « Héloma », en compagnie des autres pygmées du village

Malgré ce rôle que joue Angeline et qui fait d’elle une célébrité au village de Ka â Ka, « je continue toujours à aller en pêche, faire de cueillette et pendant la période des chenilles, ramasser avec toutes autres femmes pygmées ».

Confirmation de l’affirmation d’Angeline. Le soir en claire de lune, on peut la voir danser le « Héloma », une danse pygmée, en compagnie de tous les autres pygmées, hommes et femmes du village de Ka â ka.

Ce qui fait que « je ne peux pas quitter là où je suis, car ici je suis vraiment chez moi, même si on me propose tout le luxe ailleurs », conclut-elle avec un morceau de Bââ Benzeli, une chanson pygmée qui se perd dans sa gorge.

Catégories :Société

Au nom de Patassé, du FARE et des élections Bonjour le désordre !

Les obsèques officielles de l'ex président Ange Félix Patassé

L’annonce le 12 août 2011, du retrait de la Mouvance Patassé (Un mouvement politique appartenant à l’ex président défunt Ange Félix Patassé), par Mouamar Bengue Bossin, est un véritable coup dur pour l’opposition politique centrafricaine regroupée au sein du Front pour l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier 2011 en Centrafrique. Aussitôt contestée par l’ex porte parole du défunt président Guy Simplice Koudégué appartenant également à la mouvance, cette décision aura certainement des effets très négatifs quant à position de l’opposition qui est celle d’annuler et de reprendre les élections en Centrafrique.

Un désordre organisé dans le clan Patassé

La mouvance Patassé, branche Bengue Bossin, pense pour lui qu’il ne s’agit plus de reprendre ces élections, car il n’y a plus de candidat Patassé, donc par conséquent, « qui présenter s’il y aura une nouvelle élection ? ». Elle demande cependant à l’opposition de l’emboiter le pas et sera disponible à jouer la médiation entre l’opposition et le pouvoir. Autre révélation, est que la mouvance affirme accepter que des élections législatives anticipées soient organisées mais en ne touchant pas le Président François Bozizé dans son deuxième et dernier quinquennat à la tête de la Centrafrique.

Guy Simplice Koudégué, connu par « sa gueulade », conteste mordicus cette prise de position et affirme que « cela n’engage que son auteur et sa suite ». A en croire le porte parole Délégué du FARE, il n’est pas question de tendre la main d’un mendiant, et « ceux qui veulent des postes de responsabilité n’ont qu’à adresser une demande d’emploi au Président François Bozizé ».

Guy Simplice n’a toujours pas changer de position depuis toujours et continue de crier haut et fort que « c’est Bozizé et sa famille politique qui ont tué le Président Patassé ».

 Et crack… Le FARE est désormais cassé !

Une rencontre entre les membres de l'opposition et le médiateur de la République à Bangui (Juin 2011)

A dire vrai, « l’opposition ne doit plus compter s’il s’agit de reprendre les élections en Centrafrique », d’après une source proche du parti au pouvoir le KNK. Malgré que tellement critiqué par l’opinion nationale et internationale sur ces élections, Bozizé et sa suite continuent de faire leur petit bonhomme de chemin.

La nomination de deux membres de l’opposition dans le nouveau gouvernement, la divergence entre l’ancien membre de l’Union des forces vives de la Nation (UFVN) Me Henri Pouzere et les membres du FARE et cette nouvelle prise de position de la mouvance Patassé, laisse croire désormais que « Tout est fini pour le FARE » et qu’effectivement que le « le FARE est cassé ».

Tout est fini l’opposition doit seulement repartir à l’entrainement

La déclaration d’un commissaire européen lors de la table ronde de Bruxelles, « nous savons que les élections s’étaient déroulées dans des mauvaises conditions, c’est qui est d’ailleurs commun aux pays africains post-conflits, ne doit pas être un facteur à refuser de l’aide à ce pays qui fait partie des plus pauvres de la planète », pourrait être un soutient à ce régime « mal élu », selon l’opposition. Cette position faisait figure déjà dans le tristement célèbre d’un rapport de l’institution européenne que l’opposition utilise toujours pour ses revendications. Ce rapport critique à fond les élections du 23 janvier 2011 en Centrafrique.

Mais si l’on parcourt tous les textes du rapport, on s’apercevra qu’il s’agit d’un rapport interne à l’Union européenne qui ne doit que tirer la leçon de sa participation dans ces ratés des élections.

S’il s’agissait de reprendre les élections, cela doit être fait avant l’investiture du Président Bozizé le 15 mars dernier. Toute porte à croire que le combat actuel de l’opposition est un combat perdu à l’avance, vu que les missions onusiennes en bon et due forme s’effectuent en Centrafrique, Bozizé est invité dans des réunions internationales et qu’il n’y ait pas de pression internationale pour

De G. à D. Me Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé, les désormais leaders du FARE après le décès du Président Patassé

l’annulation de ces élections. Ce n’est pas la même situation qu’en Cote d’Ivoire de Gbagbo et de Ouattara de l’époque…

Vraisemblablement, l’opposition doit repartir à l’entrainement pour préparer à fond les prochaines consultations de 2016. Elle aura la forte chance de se faire entendre du moment où Bozizé amorce son deuxième et dernier quinquennat, selon la Constitution centrafricaine.

Avec l’Assemblée orange on fait avec, mais le tournant nous attend !

Si l’opposition est intelligente, elle lâche prise, même pour demander des législatives anticipées. L’Assemblée nationale centrafricaine est composée en ce moment à plus de 85% des députés orange, couleur du parti KNK du président Bozizé. Alors elle notera tout ce que les bozizéens feront durant leur mandat et exposeront au peuple centrafricain pendant les échéances électorales prochaines.

Le désordre est lancé au sein de l’opposition qui est entrain de faire de l’amateurisme. Le peuple centrafricain peut choisir entre ceux qui ont volé et bien ou mal gérer, et ceux qui ont perdu et se bouffent le nez pour venir manger à la table du roi.

Entre voleur bon ou mauvais-gérant et perdant humble ou traitre et lèche botte, chacun aura à faire le choix !

Catégories :Politique

Des parties stratégiques de la Centrafrique abandonnées aux hommes en armes

Les régions de la Centrafrique où la présence des hommes en armes ont été signalées

Depuis 2008, le sud-est, l’est, le Nord et le Centre nord de la Centrafrique font théâtre de la prise, la reprise et l’occupation jusque là définitive des hommes en armes, centrafricains et étrangers. Ceci se passe dans une République nantie des institutions de défense et l’ordre.

Contrairement aux versions du gouvernement centrafricain qui affirme que « la sécurité est assurée à plus de 80% sur l’ensemble du territoire nationale« , la réalité sur le terrain en dit autrement.

La LRA, maître du sud-est et de l’est de la Centrafrique depuis 2007

C’est vers la fin de l’année 2007 que les premières nouvelles de la pénétration des éléments rebelles ougandaises de la LRA (Lord Resistance Army) de Joseph Koni en Centrafrique, ont été entendues. Depuis ce temps, une bonne partie du sud-est et de l’est du pays est aux mains de ces. Sans s’inquiéter, ni se gêner de se voir aussi gêner par l’Armée centrafricaine, ces hommes ont depuis cette date jusqu’alors, fait tué plus de 2000 personnes et fait déplacé de chez eux plus de 4000 autres, selon un rapport de l’ONU, publié en 2011.

Depuis l’occupation du territoire centrafricain par ces hommes, il n’ya jamais eu une action de chasse concrète organisée par l’armée centrafricaine contre ce mouvement considéré de terroriste par le Président américain Barak Obama. N’eut été la volonté du président américain à aider les gouvernements des pays victimes de la LRA (Soudan, Centrafrique RD. Congo, Ouganda) à mettre hors d’état de nuire ce mouvement, le législatif centrafricain n’a jamais interpellé le ministre de la défense pour des explications sur cette occupation qui dure déjà et qui continue de faire des malheurs au sein de la population centrafricaine.

Malgré qu’une action militaire concertée, Ouganda – RD. Congo – Centrafrique appuyer par les Etats-Unis et la France, est en cours, cette rébellion ne se gène de rien et que ce « serait très difficile avec l’évolution actuelles des choses de les chasser de la Centrafrique », avait affirmé une femme otage de la LRA qui a réussit à s’évader en juin dernier, après 2 ans de captivité.

Joseph Koni, le chef rebelle de la LRA

« Il existe plus de 1000 éléments de la LRA actuellement sur le territoire centrafricain », avait affirmé la même victime, et qui, toujours selon elle, « divisés en groupe d’une vingtaine » et qui attaque, pillent, tuent, violent et font des otages au sein de la population dont les unes sont utilisées comme esclaves sexuelles et les autres comme combattant et comme transporteurs de leur butin.

Baba Ladé, le nouveau Roi du Centre-nord de la Centrafrique

Accompagné par plus de 1000 hommes armés, le chef rebelle tchadien du FPR (Front populaire pour le redressement), Baba Ladé le chef rebelle tchadien s’est retranché sur le territoire centrafricain depuis 2008. Baba Ladé fuyant là, la puissance de feu de l’armée tchadienne.

Deux accords de cessation d’hostilités ont été signés en tripartie (RCA – Tchad et la l’UFR), dont le dernier date de Bangui, le 13 juin 2011, qui prévoit tous « La cessation de paix avec Ndjamena et le départ du rebelle tchadien et des ses hommes sur le territoire centrafricain ».

Malgré cette volonté de la paix, Baba Ladé et ses hommes gardent encore position en Centrafrique et commencent depuis 3 mois à commettre des exactions, pillages, vols et meurtres. Seulement, le chef rebelle tchadien nie toutes ces accusations, malgré qu’il y ait des preuves flagrantes.

L’espoir de voir Baba Ladé quitter le territoire centrafricain se trouve dans leur prochaine mission à Ndjamena dans cette semaine. L’option de forces n’est pas aussi écartée en comprenant le chargé des affaires militaires tchadiennes à l’ambassade tchadienne en Centrafrique qui affirme à la presse que « Baba Ladé n’est pas le 1er rebelle tchadien, ni le 1er mercenaire. Nous avons eu à faire face et à négocier à des hommes qui ont des milliers de Toyota 4X4 ».

Vision partagée par les hommes politiques centrafricains et la population des régions victimes de ces hommes. Martin Ziguélé, président du parti politique du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) qui est « pour des actions

Malgré plusieurs accords de paix signés, Baba Ladé et ses hommes gardent encore position sur le territoire centrafricain

mêmes coercitives pour imposer la paix ».

Ce qui fait douter plusieurs observateurs est que si l’option FORCE est approuvée, cela ne pourrait pas engendrer davantage le phénomène des coupeurs de route ou de vol à main armée, dont on en parlera un peu plus loin dans cet article.

Le Nord-est de la Centrafrique, à la merci des hommes en armes

Le 24 novembre 2010, la ville stratégique de Birao est tombée entre les mais de la rébellion centrafricaine de la Convention des patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), appuyée par une rébellion tchadienne. Il y avait plusieurs morts dans les rangs des FACA (Forces armées centrafricaines).

Ces hommes y sont installés pendant plus de 10 jours. C’en ait été au gouvernement centrafricain, ces hommes vont rester à Birao pour un bon moment. Le président François Bozizé était obligé de faire appel à son ami et voisin, le Tchadien Idriss Deby Itno, pour bouter ces hommes, hors de la Centrafrique. Depuis ce temps, des hommes en armes circulent librement et commettent des exactions sommaires au sein de la population civile centrafricaine de la localité. Pourtant, il ya une région militaire à Birao.

Les patrouilles se font « régulièrement », mais pas pour grand-chose. La population continue de souffrir.

A l’est 2 rébellions se font la peau et la population en tire les conséquences

La Centrafrique a aussi un bastion ethnique qui ne dit pas son nom. Les ethnies Rounga et les Goula. Ces deux ethnies se regardent depuis fort longtemps en rivales qu’ils sont obligés de créer deux rébellions. La CPJP et l’UFDR  (Union des forces démocratiques et républicaines) qui s’affrontent ouvertement déjà depuis 1 mois.

Pour exercer une pression sur le gouvernement afin de trouver un palliatif, l’UFDR est obligée de s’emparer de la ville de Sam Ouandja où elle règne en maître et imposée un blocus, depuis plus d’un mois deja.

A vrai dire, le but des deux rébellions à leur création était de s’auto défendre, avant d’évoluer au fil de temps vers des revendications politiques, à cause de l’intervention sournoise des politiques ces affaires. Le Processus du DDR (Désarment démobilisation et réinsertion des ces rebellions) a du coup de plomb dans l’aile vu que l’UFDR occupe présentement Sam Ouandja et qu’ils se battent avec la CPJP.

Le nord et ses rebelles

Au nord de Centrafrique, l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) fait la loi, depuis 2007. Malgré que le mouvement soit signataire de l’accord de paix avec le gouvernement, ses armes ne sont pas encore restituées aux autorités. Un état de chose qui rend fragile la paix afin de faciliter la libre circulation des biens et personnes.

Martin Koumtamdji, retranché dans l’extrême nord du pays impose des conduites à tenir à la population

Outres, la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain  (FDPC) de Martin Koumtamdji, allias Abdoulaye Miskine, qui a refusé mordicus tout accord de paix, s’est retranché dans l’extrême nord du pays (dans les régions de Batangafo et Kabo) et impose des conduites à tenir à la population. Dans ses zones, les institutions républicaines n’ont pas Droit de Cité. La négociation de paix avec cette rébellion est en pause, vu qu’il une manque de volonté.

La sécurité, sensiblement réduite en Centrafrique

En faisant le calcul de cette analyse, il ressort des faits exposés que la situation sécuritaire a sensiblement baissé en Centrafrique. Il est certes vrai que la sécurité est assurée à plus de 80% dans la capitale Bangui, mais cela n’est seulement qu’un arbre qui cache la forêt.

La Réforme du Secteur Sécurité (RSS) entreprise par le gouvernement, appuyée par des bailleurs à travers les Documents stratégiques pour la réduction de la population (DSRP), doit vraiment miser sur ces aspects, vu que le pays prépare l’exploitation du pétrole par une société chinoise, de l’Uranium par le géant du nucléaire français AREVA, du ciment et la poursuite des activités de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Il était une fois… Les Fauves de Bas-Oubangui, le foot et le basketball centrafricain !

Les deux équipes centrafricaines de foot et de basketball

Personne n’ose croire il y a de cela 10 mois, de l’exploit actuel des équipes centrafricaines de Football et de Basketball. La population centrafricaine s’étonne et les observateurs se montrent optimistes quant aux succès quant aux chemins qui attendent les équipes pendant les prochaines compétitions internationales qui les attendent : La Coupe d’Afrique des Nations de foot (Si l’équipe de foot arrive à battre le Maroc le 4 septembre prochain), et l’Afro basket 2011, pour l’équipe de basket qui est attendue le 12 août à Antananarivo, dont le coup d’envoi sera donné le 17 août.

L’exploit extraordinaire du Foot centrafricain

De 202e rang du classement de la FIFA, la Centrafrique se retrouve en moins de 12 mois au 89e rang. Extraordinaire !

Avant la date inoubliable de l’histoire du Foot centrafricain 10 octobre 2010, date de massacre de l’équipe algérienne 2 buts à 0, à Bangui, l’équipe centrafricaine de foot vivait dans une sorte de carré qu’elle ne peut y sortir.

Lorsqu’on ne savait pas encore que la Centrafrique, ne disposant pas des Samuel Eto’o et des Didier Drogba, le foot tournait au rang. Pourtant, existaient des certains Eulogie Enza, Charlie Dopékoulouyen, et des Hilaire Momi, qui trembleront le filet des équipes connues pour leurs participations aux compétitions mondiales.

Il n’y pas de magie dans cet exploit, seulement une bonne volonté des uns et des autres.

Le foot centrafricain c’est la classe !

En battant les algériens le 10 octobre 2010 à Bangui, les centrafricains sont désormais décisifs à aller de l'avant © Hippolyte Donossio

Des compétitions régionaux, aux matchs amicaux en passant par les préliminaires de la CAN 2012, les jeunes footballeurs centrafricain font jusque là, un parcours sans faute, qui ne fait que plaire au public centrafricain.

Lors de sa prise de service à la tête de l’équipe, l’entraineur français des Fauves, Jules Accorsi, se montrait peu optimiste, car « il n’y a pas des moyens qu’il faut pour un vrai football ». Seulement, la 1ère surprise fut celle de Accorsi lui-même, qui peut « croire maintenant que l’aventure peut continuer malgré tout », dans une interview accordée à une Radio privée de Bangui.

La République Centrafricaine, qui jouera d’ailleurs les préliminaires du mondial 2014. Elle sera dans le 3e chapeau que composent le Bénin, le Zimbabwe, la Sierra Leone, le Soudan, le Niger, l’Angola, la Gambie en plus de deux autres équipes qualifiées au premier tour.

En dernière nouvelle, les Fauves de foot sont tombés sous l’équipe maltaise, 2 buts à 1, le 10 août en match amical. Mais il faut cependant dire que les Fauves n’étaient pas au grand complet et que leur principale préoccupation était : partira ou partira pas ? La victoire est aussi un Etat psychologique.

Il faut dire que de tous les joueurs centrafricains, la moyenne d’âges est de 25 ans. Autrement dit, une équipe jeune, forte et dynamique. Seulement, « nous avons des petits moyens », selon les termes de Patrice Edouard Ngaïssona, président de la ligue centrafricaine de football.

Dans les griffes des Fauves de basket

Les Fauves de basketball en entrainement pendant leur stage de LilleLe basket centrafricain vient de très loin. Deux fois champions d’Afrique « les américains de l’Afrique centrale » ont vu partir en fumée toutes leurs techniques de jeux qui les attiraient toutes les convoitises.

Il est certes vrai que le sport n’est pas compatible à la politique, et c’est ce que les Fauves ont subi. C’est vrai que l’Etat centrafricain s’emploi chaque année à envoyer les basketteurs lors des Coupe d’Afrique, mais seulement en les donnant que peu de moyens !

Conséquence, depuis plus de 2 décennies, les Fauves n’ont rien produit de bon.

Un bon vent souffle actuellement

A la dernière nouvelle, les basketteurs centrafricains sont rentrés au pays ce 10 août, après plus de 3 semaines de stage bloqué à Lille en France. Une préparation jugée de « satisfaisante », selon les termes d’Elvis Bomayako, président de la Fédération centrafricaine de basket.

Les Fauves ont joué 4 matchs, ils ont fait 3 victoires et une défaite, face à l’équipe de la Belgique à Bruxelles, sur le score de 85 à 82 ! Du reste, ils ont battu tour à tour la Cote d’Ivoire, le Sénégal, et le Mali.

La Centrafrique, battant le Senegal à LilleDans la prochaine compétition de l’Afro basket 2011, ils auront comme adversaires, le Togo, la Tunisie et la Rwanda, avec lesquels ils sont dans la poule D. « Le moral des Fauves est au beau fixe », a affirmé l’entraineur espagnol de l’équipe centrafricaine.

Si le moral des fauves est au beau fixe, il ne reste plus qu’à jouer.

Décidément, la Centrafrique assiste là, à une renaissance des sports les plus médiatisés du monde, dans son histoire.

Catégories :Sports

L’autre raison des crises à l’Université de Bangui

L’Université de Bangui vit depuis 3 semaines dans une crise dont les raisons sont multiples. Les enseignants et les étudiants sont en grève. Les enseignants revendiquent la mise en application d’un décret présidentiel datant de 2006, relatif à leur statut particulier. Les étudiants revendiquaient la relance des travaux de la commission d’attribution des bourses, suspendus depuis avril, et le départ sans condition du directeur général des services de bourses et stages.

A ce niveau, les revendications des deux partis sont tout à fait logiques. Seulement, au-delà de toutes ces premières perceptions des choses, se cachent des vérités latentes qui risquent un jour de dégénérer en crise ouverte. D’ailleurs, certaines de ces crises commencent déjà à s’afficher.

Plus rien ne va entre le rectorat et un groupe d’enseignants !

Pr Gustave Bobossi, Recteur de l'Université de Bangui © Hippolyte Donossio

En parlant des enseignants, il ne faut pas caresser les choses. Le rectorat et certains enseignants se regardent depuis quelques temps en chien et chat. Outre que ce que les enseignants disent que « le rectorat prend souvent d’importantes décisions sans consulter les corps  académique », il faut savoir qu’il y a tout simplement un conflit de compétence entre les deux parties.

Les conflits de compétence existent dans les quasi-totalités des universités du monde, mais ils deviennent fatals lorsqu’ils commencent à y meuler des affaires d’Homme à Homme et à manipuler des groupes de pression.

Le rectorat n’aime plus voir alors ainsi la tête de certains Professeurs de l’Université à la tête de certaines facultés et certains enseignants trouvent comme la cause de leur malheur, le rectorat de l’Université de Bangui.

On se réserve le droit de dire pour l’instant que les deux parties vivent à couteau tranché. Il faut dire néanmoins que chacune des deux parties est entrain de mobiliser ses troupes. Les enseignants se réservent cependant le droit de demander le départ de la tête du socle de savoir centrafricain.

A l’allure où vont les choses, on peut dire que le batail n’est pas loin, car il y a déjà l’orage à l’horizon.

Les étudiants s’entredéchirent

C’était le lundi 8 août dernier, lorsqu’une bagarre sans merci éclate entre les étudiants. D’un coté les membres du Réseau des Droits de l’Homme de l’Université de Bangui (RDHUB) et de l’autre coté, l’actuel bureau l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA).

Le RDHUB organise une Assemblée générale (AG) pour faire le bilan des violences policières lors des manifestations estudiantines du 1er août qui a fait 1 blessé grave et des arrestations, selon le réseau. Alors que l’ANECA voit en cette AG, une AG tentative de la destitution du présent bureau. « Le RDHUB est une entité qui œuvre dans le territoire de l’ANECA, et si le réseau veut organiser de telle AG, il veut d’abord l’aval de l’ANECA » a affirmé le secrétaire général adjoint de l’ANECA.

Ceci est une version officielle des faits. Mais si l’on jette un regard dans les journaux parus ce 10 août 2011 à Bangui, des titres dévoilent le mystère. Le journal L’évènement N°09 du 10 et 12 août 2011 à la page 3 titre : « Les intentions malveillantes de Gildas Benam mises à nu par les étudiants de l’Université de Bangui ». Le Journal Le Peuple N°3416 de la même date titre quant à lui « Quant des mains cachées enveniment la situation sur le campus : Un affrontement évité de justesse ».

Ces titrailles montrent déjà à quel point la situation est compliquée à l’Université de Bangui.

Pour dire en claire, la division entre les étudiants de l’Université de Bangui est issue de la volonté du Directeur des Bourses et études à rendre la peau à ceux « qui veulent sont départ sans condition ». Cette technique est d’ailleurs propre au directeur général du service des bourses qui envoie toujours au diable ceux qui en veulent à son fauteuil.

En 2009 par exemple, l’ancien président de l’ANECA Jean Félix Riva aurait échoué de tel coup bas, de Séraphin Personne Feikere, Directeur Général des Bourses, selon des proches de l’ex dirigeant de l’association estudiantine. A l’époque, les étudiants manifestaient à cause du quota alloué par l’Etat pour l’octroie des bourses aux étudiants centrafricains.

A qui profitent ces troubles ?

La question qui peut être posée au-delà de toutes ces divisions est de savoir la personne qui tire profit de toutes ces agitations des uns et des autres. Vraisemblablement, cette guerre qui ne dit pas son nom dans le milieu éducatif centrafricain, est une guerre de prise de position. Chaque coté cherche ses propres intérêts, cherche à tirer le drap de son coté.

Il faut dire que dans toute opposition, il y toujours la force du bien et la force du mal. C’est encore en sournoise, mais quelque soit la durée de la nuit, la vérité jaillira d’elle même.

Une guerre perdue à l’avance ?!

D’après des sources proches du ministère de l’enseignement supérieur, « il n’est pas question de remplacer Féïkéré à la tête de la direction des bourses ». En tout cas, s’agissant de cette revendication, les étudiants n’auront pas gain de cause, sachant que les élections de l’ANECA seront dans presques 2 deux mois.

En plus, « ce n’est pas la première fois que les étudiants demandent son départ », selon une source de haut rang de l’Université de Bangui. Les étudiants se taisent alors qu’ils n’ont pas encore eu la satisfaction de leur revendication et Bonjour, la vie suit son cours.

Les enseignants ont quant à eux décidé ce 10 août, la poursuite de leur mouvement de grève pour 28 jours jusqu’au 7 septembre prochain. En réponse, le gouvernement dit « Il n’y a pas de fonds pour prendre en compte cette revendication », les enseignants répondent « Pas de statut particulier, pas de cours = Année blanche à l’Université » !

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Les élections législatives partielles convoquées en centrafrique, mais pour quels enjeux ?

Un opération de vote au Lycée de Miskine © Hippolyte Donossio

Les élections législatives partielles en Centrafrique viennent d’être convoquées pour le 4 septembre prochain. Le décret présidentiel portant convocation du corps électoral est signé ce 9 août 2011, par le Président centrafricain, François Bozizé et rendu public.

D’après l’article 2 du décret, « la campagne électorale est ouverte le lundi 22 août 2011 et est close le vendredi 02 septembre à minuit ». Le même document indique dans son article 3 que « le scrutin est ouvert de 06 heures locales (7HTU) à 16 locales (15HTU) sans interruption dans toutes les circonscriptions électorales dont les résultats ont été invalidés par la Cour Constitutionnelle ».

Au total, 13 circonscriptions électorales sont concernées par ces élections. La cour constitutionnelle après l’examen des contentieux électoraux pour le 1er tour du 23 janvier dernier, a invalidé les résultats de ces circonscriptions, à cause des fraudes enregistrées.

Un comité dirigé par le ministère de l’administration du territoire a été mis en place pour organiser ces élections.

Le scrutin a-t-il des enjeux ?

C’est du moins la question que presque tous les observateurs de la vie politique de Centrafrique se posent. Les vrais enjeux électoraux n’existent que s’il y a une opposition dans la course. Or, l’absence d’une opposition dans une élection lui fait perdre du coup ses enjeux. Dans cette course, il n’y que des députés du parti au pouvoir, ceux de la majorité et quelques députés indépendants.

Ce qu’il faut savoir, c’est que certains candidats dits ‘Indépendants’ sont financés par le parti au pouvoir. Pour les partis de la majorité présidentielle, il n’y pas une analyse sur l’enjeu de leur participation, car ils ont été déjà depuis dans la poche du pouvoir.

Ce qui avait beaucoup énervé l’opposition à se retirer

De G. à D. Me Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé, lors d'une Assemblée générale de l'opposition à Bangui

Tout le monde le sait sans doute que l’opposition s’est retirée de la course à cause des « fraudes massives », en faveur de l’enfant de Benzambé et de son arsenal de député. Mais le vrai « aveuglisme » dans ces fraudes, fut celui d’avoir volé les élections même dans le fief d’un candidat de l’opposition qui a réussit quand même à mettre en ballotage, le président Bozizé lors des précédentes élections de 2005. C’est regrettable ! C’est une preuve de l’amateurisme. C’est pourquoi, l’opposition a créé le FARE (Front pour l’annulation et la reprise des élections en Centrafrique. une plateforme dont l’objectif est d’obtenir par voie légale, l’annulation et la reprise des élections du 23 janvier dernier.

En conséquence, la population des régions concernées étaient descendu massivement dans la rue pour crier et demander « la restitution de leur voie », et « la destitution des députés imposées ». La ville de Ndélé dans le Bamingui Bangoran au nord-est, peut servir en premier exemple. A Mongoumba dans la Lobaye, à l’extrême sud du pays, les manifestations avait fait un mort par balle des forces de l’ordre.

A qui la faute ?

L’opposition donne tout d’abord la faute au parti du Président Bozizé le KNK, d’avoir organisé et exécuté un hold-up électoral. Mais cette vision des choses n’est partagée par toutes les entités de l’opposition. En exemple, le Parti de la Nouvelle Alliance pour le Progrès, la NAP, ne l’avait pas compris au départ mais qui ne l’avait compris que plus tard. D’autres fautes incombent à la Cour Constitutionnelle

La Cour Constitutionnelle n’avait pas dit toutes les vérités !

La Cour Constitutionnelle vidant les contentieux du 2nd tour des législatives

Certains candidats de l’opposition ne se sont pas aussitôt retirés après la décision de l’opposition du boycott des seconds tours. Ils ont formulé et introduit des recours auprès de la Cour Constitutionnel, aux fins de se voir obtenir une nouvelle cartouche. Hélas, « la Cour nous a déçu », ont affirmé plusieurs d’entre eux.

Vraisemblablement selon des observateurs nationaux et internationaux, le vidage  des contentieux par la Cour Constitutionnelle en Centrafrique n’avait pas été fait comme il se doit, autrement dit, dans le respect de la loi.

Si la Cour avait dit les 4 vérités, seulement moins de 25 députés seront normalement élus, au lieu d’une quatre vingtaine.  La décision de la Cour est sans appel et coercitive !

Ce qu’il faut savoir, en Afrique et en Centrafrique, les membres de tels organes jouent souvent le « jeu de pouvoir ». On a d’ailleurs vu la honteuse décision de l’ex président du Conseil Constitutionnel ivoirien qui lui-même s’est humilié en prononçant en moins de 3 mois, deux présidents sur une République dont les peuple continue toujours à subir les vis du pouvoir. Parenthèse !

Il y aura marchandage des circonscriptions !

Le listing électoral de la 2e circonscription électoral du 5e arrdt. de Bangui © Hippolyte Donossio

Certains « Lieutenants » du régime de Bangui ont été déçus par la décision de la Cour. Mais visiblement, ils ne sont pas prêts à lâcher. D’après un candidat qui sera dans cette course, « j’ai une eu une proposition de désister en faveur de mon adversaire en échange d’un poste de responsabilité ».

Une affirmation confirmée par une source proche du parti KNK qui voit que pour le parti « si ce poids lourd perd cette nouvelle élection, cela va encore donner un signal fort à l’opposition de tirer la sonnette pour prouver que sa position de se retirer des élections était logique ».

Tout compte fait, la vente aux enchères est de la partie ! Au revoir la République, Bonjour le Désordre !

Le peuple centrafricain sait déjà à quoi il doit s’en prendre. Somme toute, il n’y qu’un seul enjeu, Le taux de participation.

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