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Archive for mai 2011

La RCA, vers une violence intercommunautaire ?

Depuis les premières heures de cette matinée du 31 mai 2011, le KM 5 à Bangui est en ébullition. Tension, confusion et échauffourées persistent encore à la mi-journée malgré la présence des forces de l’ordre. La raison de cette situation est la découverte de deux enfants morts. Deux garçons probablement assassinés selon les premiers éléments. Ils ont été retrouvés, corde autour du cou, bave à la bouche. Mais les circonstances exactes de leur mort restent encore à élucider.
Ils étaient portés disparu depuis lundi soir. On ignore pour le moment comment ils sont morts, mais les premiers éléments recueillis sur place laissent croire qu’il s’agit d’un meurtre. 
En tout cas la suspicion et les accusations ont provoqué un début d’émeutes et même une certaine vendetta. Il y a eu un mort au cours des échauffourées. Les populations qui se sont soulevées, indexent une famille vivant dans le voisinage des deux garçons comme étant celle des auteurs de ce que tout le monde considère comme un meurtre. Les représailles ont provoqué la mort d’un membre de cette famille indexée et qui a vu sa concession entièrement saccagée.
Les corps des deux enfants tués ont déjà été déposés à la morgue de l’Hôpital Communautaire par les services compétents, après le constat d’usage. Le surveillant général de l’Hôpital a démenti que les deux garçons aient été égorgés, contrairement à ce que certaines rumeurs ont laissé entendre, exacerbant ainsi les velleités de vengeance.
Pour le moment, les forces de l’ordre se sont déployées sur place. Elles tentent d’empêcher que la situation dégènère davantage. Le député du 3ième arrondissement, Anatole Koe, a lancé un appel au calme sur les ondes de Radio Ndeke Luka. Il a été imité quelques instants plus tard par un des responsables de la communauté musulmane, l’Imam Kobine Layama. C’est dans le quartier du KM 5 que vit la partie la plus importante de la communauté musulmane de Bangui.
C’est un article que j’ai lu sur le site Internet de Radio Ndeke Luka. Mais j’étais descendu sur le terrain pour des raisons professionnelles, voici le déroulement des évènements.

Le début de la crise
Après la découverte des cadavres vers 7 heures du matin, la tension a seulement monté d’un cran. Mais après l’intervention des forces de l’ordre qui ont fait des tirs sporadiques et des tirs à gazes lacrymogènes, les échauffourées commencent, par des scènes de violence.
A 11h, c’est le statut quo, malgré la présence des forces de l’ordre. Au niveau de Kokoro 2, plus précisément au niveau du bar Canari où se trouve le domicile de celui qui aurait tué les 2 enfants, la route était totalement barricadée. 2 véhicules et une remorque du présumé ont été incendiés. Ajouter à cela, le domicile du prétendu criminel complètement mis à sac par la population sur-énervée. 
Le bilan de la matinée
Outre la mort de ces deux enfants, 2 autres personnes ont été tuées dans des circonstances qu’on ignore pour le moment. Pendant que nous nous trouvons encore sur le terrain, 2 jeunes hommes couverts de sang et de plaies, apparemment des plaies de couteux et de flèches ont été transportés de Kina pour l’hôpital.
A midi, un homme qui serait de la même origine que le présumé et qui cherche à s’échapper a été appréhendé par les jeunes de la localité de Magalé, puis exécuté.
Le décor de l’évènement
Le décor à 12h40mn ressemble à une véritable scène de guerre. Il laisse voir d’un et de l’autre coté les belligérants au milieu desquels les forces l’ordre. Les jeunes des deux cotés sont armés d’armes blanches, de bâtons et de cailloux prêts à la vengeance. Bref, un véritable va-et-vient sur un rayon de deux km et dont chrétiens et musulmans se contrôlent leurs mouvements. 
Un autre décor de ce matin, ce sont les jeunes qui sortent de profondeur de quartier avec pleins d’objets en main, ce qui laisse supposer des actes de pillages.
Il y a lieu de signaler que les forces de l’ordre présentes sur les lieux contrôlent beaucoup plus la grande artère, alors que l’évènement se poursuit aussi dans le quartier. Depuis 7h, le début des clashs, c’est seulement à 13h15 mn que les 1ers véhicules commencent à franchir les routes barricadées. Un calme règne jusqu’à 15h30 mais un calme qui n’a aucune garantie. Les tensions sur place fait penser à un nouveau retour de violence.
Un civil tué par l’armée
A 16h15mn, la tension est remontée. Les forces de l’ordre sont de nouveau déployée mais comme d’habitude ils font, ils tirent à l’aveuglette et la balle a atteint un femme, mère de 4 enfants au quartier Fatima alors qu’elle préparait ses beignets devant sa maison.
Le souhaits de la population banguissoise ce soir est de ne pas voir le conflit poursuivre dans la nuit, pour risque d’arriver à un bain de sang.
Catégories :Société

Un journaliste mis aux arrêts à Bangui, mais pour quel chef accusation ?

Le Journal Les Collines de Basoubangui de Faustin Bambou © Hippolyte Donossio

Il s’appelle Faustin Bambou. Il est rédacteur en chef du quotidien « les Collines de Bas-Oubangui ». C’est ce vendredi 27 mai 2011, qu’il a été mis en arrestation et détenu à la Section de Recherches et d’Investigations pour nécessités d’enquête.

Le motif de son arrestation pourrait être lié à la publication d’une nouvelle sur la grogne des retraités militaires et la mise en cause de certaines autorités dans la gestion des fonds versés par l’Union Européenne. Ces derniers ont souvent assiégé les locaux de l’Union Européenne. Ils avaient par le passé accusé les autorités du pays de détournements des fonds alloués par l’UE à leur cause.
Il y a plus de 2 ans, Bambou avait été arrêté puis relâché suite à une information accusant de détournement de fonds le ministre des mines Sylvain Ndoutingaye à l’époque, actuel ministre des Finances.
C’est une dépêche que j’ai lu sur le site internet de Radio Ndeke Luka. Je me demande pour quel chef d’accusation ? Oui quelle justice ? Ce qui m’a vite sauté à l’œil, c’est que la Centrafrique se dit pays où la liberté de presse et d’expression est respectée.
Faire du journaliste en RCA, c’est creuser la dalle
Pourtant sur le terrain, excusez-moi le terme mais c’est la merde. Bon pour arrêter le confrère Faustin pour avoir publié une information non vérifiée, ce n’est pas synonyme d’amener des militaires armés jusqu’aux dents pour l’arrêter comme un tueur. NON. 
Dans les pays où tout va bien, il serait convoqué et répondra dans le strict respect de la loi. Si à 3 reprises il n’a pas répondu à sa convocation, c’est ainsi que les appareils répressifs de l’Etat doivent être mis en marche pour l’arrêter.
En tout cas, en matière des Droits, la RCA est classé parmi les tous premiers à signer et ratifier les textes, mais la mise en valeur reste cependant très problématique.
Les journalistes sont des poubelles en RCA
Je me souviens le 27 et 28 mars derniers, deux journalistes ont été agressés dans cette seule ville de Bangui. 
Cyrus-Emmanuel Sandy, Directeur de publication du quotidien indépendant MEDIAS+ a été séquestré le lundi 28 mars 2011, par un groupe d’étudiants résidents de l’Ecole Normale Supérieure (ENS). Ces jeunes ont assiégé son domicile où se trouve également sa direction de publication, pour manifester leur mécontentement contre un article qui les aurait incriminés. La scène a eu lieu de 05h à 07h du matin.
Cet incident est survenu à la suite d’un cas de violence sur un cameraman de la Télévision Centrafricaine dimanche 27 mars au centre de vote du Lycée Miskine à Bangui. Il a été agressé par les partisans d’un Candidat du parti KNK aux législatives. Le Cameraman filmait une bagarre entre des électeurs KNK et un président de bureau de vote. Il a également vu son matériel de reportage entièrement saccagé, avec notamment une camera détruite.
Le droit d’informer n’existe pas chez moi
C’est un peu exagéré de voir ces gars qui naturellement ne cherche qu’à informer ceux qui la plus part ne sont même pas les membres de leur famille. C’est une preuve qu’en Centrafrique les délits de presse ne sont dépénalisés.
Autre problème c’est que les politiques centrafricains pensent que les réalités sont les mêmes qu’en occident. Là-bas, les journalistes doivent être au parfait de tout. Ce qui pousse les hommes publics occidentaux à tout mettre à la disposition des journalistes pour ne pas être salis. 
Or, dans les échanges qu’ils font avec les occidentaux, ceux-ci les confient aux journalistes pour des « On ne sait pas ». C’est ça qu’on dit pays Démocratique !
En Centrafrique les gens commettent des délits mais n’ont pas la conscience de ce qu’ils font. Malgré tout, ils veulent qu’on les caresse dans le sens du poil. Mais sinon, le cas Bambou va se reproduire.
Quelque soit la durée de la nuit, le soleil finira toujours par apparaître. Les journalistes centrafricains doivent encore se battre et je crois qu’ils vaincront.   
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Affaire DSK, quelle leçon pour la justice centrafricaine ?

« L’inculpation de Dominique Strauss-Kahn dimanche matin par le parquet de New York pour agression sexuelle est un véritable séisme politique », c’est ce que j’ai lu sur le site du Figaro ce 16 mai 2011. Mais ma question est de savoir, quelle leçon cette affaire peut donner à la justice centrafricaine souvent accusée à tort ou à raison de maitresse d’impunité ?
Je serais maudit par tous, si je compare la justice centrafricaine à celle des USA. Il n’y a pas de matière à comparaison ici. Mais je dirais que ceci est un exemple pour ces hommes et ces femmes de droits centrafricains qui continuent de caresser les présumés ou les coupables dans le sens du poil.
On ne touche pas aux intouchables en RCA
En Centrafrique, je ne peux même pas oser dire que même « un petit directeur » d’une « petite société financière » peut passer devant la justice, pour quoi qu’il a fait. Tout le monde est l’ami, le cousin, le frère du Président.
Ce titre protège du coup tout le monde de tous les dangers. Eh ben oui, tous le monde a vu comment les présumés de l’affaire Rayan ont été traités. Rayan est un grand super marché des expatriés libanais qui avait pris feu en mi 2010. Les présumés sont encore dans une prison militaire, sans procès.
Plusieurs plaintes déposées contre les sois disant Parents ou Amis du Président trainent encore dans les armoires des Hommes de droits centrafricains. Ça me fait mal quand je discute avec les enfants du pays qui me disent « mais qu’est ce que tu veux qu’on fasse ? La justice n’est pas faite pour nous ».  
La raison appartient au plus fort
Les centrafricains n’ont plus confiance à la justice de leur pays quand il s’agit d’une affaire qui les opposent à un expatrié. Même si l’affaire DSK était à Bangui, je suis convaincu que le Président du FMI ne soit arrêté.
Ceci non seulement parce que le milieu est corrompt mais aussi parce qu’il s’agit dans le cas d’espèce, d’un bailleur de fonds. Chez nous qui dit bailleur, dès qu’il met pied dans le pays il est devenu intouchable même s’il viole des règles du pays.
Pendant son discours d’investiture le 15 mars dernier, le président Bozizé a promis faire un toilettage du milieu. Très bonne initiative. Mais il va falloir que les choses changent par la base, puisque dans les commissariats de police et les services de la gendarmerie, c’est l’enfer. Tout cela va finir un jour, mais je pense ce n’est pas demain la veille.
Catégories :Justice

Enfin un deuil national en mémoire du Barbu national

Un deuil national d’une semaine est décrété à compter du dimanche 15 jusqu’au 21 mai 2011. C’est un deuil en mémoire du regretté président centrafricain Ange Félix PATASSE. 
D’après un décret présidentiel signé François Bozizé, à cet effet est rendu public le 13 mai. Selon le décret les drapeaux seront en berne sur l’ensemble du territoire national et dans les représentations diplomatiques de la RCA à l’étranger. 

Je me suis dit mais pourquoi s’exciter pour ce qu’on connaît déjà les résultats ? Ange Félix Patassé, malgré tous les maux qu’il a fait en Centrafrique, malgré les maux qu’on lui a fait, il mérite des obsèques dignes de ce nom.

J’étais vraiment étonné et déçu de la famille politique du « Petit Frère de Jésus Christ de Nazareth » comme il s’est fait appelé depuis son retour de l’exil en 2008. Disant que c’est l’exécutif centrafricain qui est à l’origine de son décès. OK, c’est une hypothèse. Mais avant toute confirmation si une enquête est ouverte, laissons quand même le vieux se reposer en paix et voyons le reste après…
 
Patassé a presque travaillé avec tous ces politiciens 

Tous ces gens ont travaillé avec Patassé, je ne peux les citer tous. Bozizé, Ziguélé, Mandaba et j’en passe. Alors ils doivent quand même se prosterner devant sa dépouille. Je pense que si les morts peuvent parler et qu’on interroge Patassé, je doute fort qu’il va refuser ses obsèques officielles. Je respecte beaucoup les hommes politiques centrafricain, particulièrement ceux de l’indépendant de Patassé et de KNK de Bozizé. Mais j’avoue quand même que c’est un peu exagéré de ne pas organiser des obsèques officielles à celui qui a dirigé un pays pendant plus de 10 ans. On comprend au moins pour Jean Bedel Bokassa, car c’était pendant une crise militaro.

Je soufflais un OUF de soulagement lors que j’ai appris qu’un comité chargé de ces obsèques a été nommé. D’autant plus qu’il est déjà mort, je ne vois même plus le jeu politicien qu’il va maintenant jouer physiquement, même si les sociologues ont pensé que la société est constituée des vivants et des morts qui continuent de marquer l’existence des vivants. En attendant faisons le deuil de celui qui se dit Porteur de message divin de l’Unité et de la Réconciliation.  

Cette réconciliation qu’il a prôné peu avant sa mort, je pense à mon avis est proche. Car, le jour de ces obsèques, pouvoir et opposition de Patassé doivent répondre présent.  

L’ancien président Ange Félix Patassé est décédé le 05 avril dernier à Douala au Cameroun. C’était au moment où il partait pour des soins à Malabo en Guinée. A deux reprises, il était empêché de prendre son vol.
Catégories :Politique