Un nouveau groupe armé en gestation dans le nord-ouest de la Centrafrique

La zone d’opération du groupe armé en gestation. Carte : d-map.com/ Montage : Hippolyte Donossio/ © Tango Ti Mbi

Une nouveau groupe armé serait en gestation dans le nord-ouest du pays. Depuis le 24 septembre, un groupe d’hommes armés non identifiés dont la présence est signalée depuis le mois de juin, a pris en otage 4 camerounais. L’enlèvement a eu lieu aux alentours de Garoua-Boulaï, une ville située à la frontière entre la Centrafrique le Cameroun. Bangui ne s’est pas encore prononcé sur l’incident, mais Yaoundé qui a non seulement renforcé la sécurité à la frontière, a demandé à tous ses ressortissants d’éviter des milieux communs aux centrafricains.

D’après des sources bien informées, ces hommes venaient de la frontière centrafricaine avec le Tchad. Des sources militaires confirment le passage d’une soixantaine d’hommes armés venant de la frontière avec le Tchad, le vendredi 15 juin à Kabo au nord. Ilsseraient passés par les villages de Béili, Sabo, Maïtikoulou pour atteindre la ville de Markounda, à l’extrême Nord-ouest du pays.

Au début du mois d’août, ils ont atteint le village de Yankaï, à 70 kilomètres de la ville de Bouar. Une situation qui a poussé l’Etat major des forces armées centrafricaines à dépêcher des hommes à Baboua, pour renforcer la présence militaire dans cette partie du pays. Des témoins joints par téléphone au village de Nièm-Yelewa affirment avoir vu des hommes armés se déplacer à l’aide de chevaux et d’autres à pieds, portant des tenues  militaires et utilisant des téléphones satellitaires. Fin août, ils avaient atteint la frontière avec le Cameroun. On ignore leur ambition, mais des habitants de la région ouest disent avoir constaté le recrutement des jeunes désœuvrés par ces hommes.

Des médias centrafricains et camerounais rendent ce groupe responsable de l’attaque, le 23 septembre dernier, du poste de péage de la ville de Garoua-Boulaï, où trois personnes ont été tuées. Ils seraient également les auteurs d’un raid effectué le 28 août au village de Namoya, au Cameroun, pillant des maisons et des petits commerces.

Après avoir enlevé les quatre Camerounais, tous des cultivateurs, ces hommes armés ont exigé une rançon dont le montant reste inconnu. Ils veulent aussi obtenir la libération, sans condition, de deux de leurs camarades arrêtés par l’armée camerounaise, le 21 septembre dernier, à Garoua-Boulaï.

 

Bozizé, le retour à la case de départ ?

Un feu fait par les manifestants © Hippolyte Donossio

Jet de pierre, incendie de pneus, route barricadée, destruction des édifices publiques, tire d’AK 47, de grenade lacrymogène, bref, voilà le spectacle qu’a livré le 2 août 2012 les malheureux du concours d’entrée dans les rangs des Forces Armées centrafricaines (FACA), dans plusieurs quartiers de la ville de Bangui. La ville a vécu par là, un moment similaire à celui qui a marqué l’apogée du régime de l’ancien président, feu Ange Félix Patassé, et qui a vu l’arrivée au pouvoir par coup de force, de l’actuel président François Bozizé.

Plusieurs milliers de jeunes centrafricains désœuvrés sont descendus dans la rue pour dire non à la manière dont le recrutement a été organisé. Les manifestations se sont déroulées dans plusieurs arrondissements de la capitale centrafricaine.

Ces jeunes ont procédé à la destruction de plusieurs biens publics, dont la prison centrale de Ngaragba, laissant évader plusieurs centaines de prisonniers, dont des criminels. Les jeunes manifestants sont allés au delà de leur folie jusqu’à casser le buste du président Bozizé qui se trouve au Jardin du Cinquantenaire parmi ceux des 5 anciens présidents qui ont dirigé la Centrafrique.

Bozizé, le retour à la case et départ ?

Les manifestants © Hippolyte Donossio

Si l’on fait une comparaison entre ce qui se passe en ce moment à celui de 2001, qui a occasionné la chute de Patassé en 2003, on peut dire qu’il y a de tempête dans l’air pour celui qui a été appelé Libérateur et Sauveur des centrafricains, François Bozizé.

Bozizé est en ce moment rejeté par son propre camp. Pourquoi ? Parce que c’est dans ce même Boy Rabe qui casse le buste de Bozizé aujourd’hui que sa rébellion a été préparée, a été née et a pris le pouvoir. Ce même Boy Rabe est entrain de crier, « Nous ne voulons plus Bozizé ».

Qu’a fait Bozizé pour être si vite vomis par son propre camp en 9 ans seulement de pouvoir, alors que le Quartier Ouango par exemple, continue de pleurer l’ancien président Koligba, 31 ans après son règne ? La mentalité des centrafricains a-t-elle changé, ou bien Bozizé a fait preuve de l’amateurisme dans la gestion de la cité ?

En tout cas, ce qui se passe en ce moment est bien plus profond que sa simple perception. Comment peut-on imaginer que pour seulement 650 places, l’Etat major de l’armée peut accepter d’enregistrer jusqu’à 10.000 dossiers de candidature ? Le calcul est simple, pour 5000 FCFA par dossier, on peut arriver jusqu’à 50 000 000 FCFA. Alors, si c’est le million qui préoccupait l’Etat major, qu’on sorte cette somme non remboursée aux intéressés, pour réparer ces édifices détruits.

Les régimes se suivent et se ressemblent

Si Bozizé reprochaient à Patassé de ne pas bien prendre soin des centrafricains, notamment des jeunes, eh bien le bâton est entrain de retourner vers l’envoyeur. Tout le monde, du moins la majorité de tous sait que le camp Bozizé est divisé en ce moment. Et ce qui se passe, montre ce qui pourrait être qualifié de la gestion vaine de cette division interboziziste.

Qui pourrait croire hier que les jeunes de Boy Rabe peuvent crier aujourd’hui « Bozizé Dégage », comme ils l’ont fait à Patassé ? Visiblement, les régimes se suivent et se ressemblent en République centrafricaine, pays du panafricaniste Barthélemy Boganda.

Tout compte fait, un vent est entrain de souffler en ce moment sur l’Afrique. Le régime actuel est averti. Il faut juste éviter une sortie catastrophique et honteuse.

Retranché à la base militaire de Bangui M’Poko pour négocier la paix, Abdoulaye Issène se confie

Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix © Hippolyte Donossio

Trois semaines après son arrivée à Bangui dans le cadre de négociation de paix avec le gouvernement, Abdoulaye Issène le chef du mouvement armé de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) m’a donné une interview exclusive. De l’origine de sa rébellion, aux actions de ses éléments sur le terrain, en passant par la composition de son mouvement, l’affaire Massi, la rivalité entre la CPJP et l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’avenir de la CPJP après le désarmement… « je ne me suis jamais confié ainsi à un journaliste », comme dit-il.

Ce mardi 17 juillet 2012, rendez vous est pris par téléphone avec Abdoulaye Issène. A 9h30mn, je suis arrivé à la base militaire de Bangui M’Poko. Là je me suis présenté aux éléments de la force multinationale de la FOMUC qui garde l’entrée de cette importante base militaire, qui se trouve dans une annexe de l’aéroport international de Bangui M’Poko. Encore un autre coup de fil, Issène d’une voix accueillante réponds « Oui mon cher ami, j’envoie une personne tout de suite te chercher ».

L’entrée de la base, il faut le dire, est gardée à double tour par des hommes lourdement armés. « Votre Pièce ! Ok, votre numéro de visiteur est le ###, si vous l’oubliez, vous n’aurez plus droit à votre pièce », me lance ce ‘’Chef de Poste’’. Une fois à l’intérieur, mon guide me dit, « le Général a dit qu’il veut seulement vous accueillir dans sa chambre, donc on y va directement ».

A l’intérieur de la chambre, une pièce de 5 mètres sur 7, le gars, castard, long de presque 2 m, cheveux tressés en natte vers l’arrière, d’aspect vif, visage souriant m’accueille, avec un « Bonjour mon frère, sois le bienvenu, comment tu vas, le travail ainsi que la famille ? », puis il me propose : « Du Coca ? », je l’ai répondu par non et je lui propose juste de l’eau plate.

Abdoulye Issène Ramadane et le début de la CPJP

Abdoulye Issène Ramadane que la majorité des centrafricains ne connaissent le nom qu’après les premières attaques de son mouvement armé en 2008 dans le nord-est, a avoué avoir fait toutes ses études de en République centrafricaine. Il n’a cependant pas donné son plus haut diplôme mais se dit scandaliser par « ce que faisait et est encore entrain de faire le politique centrafricain ». « Allez au bord de la route, regardez comment les jeunes souffrent, ils ne trouvent pas de travail, ils sont écartés du jeu politique, alors que les autorités se vantent pour dire que  les jeunes sont associés dans la gestion de la chose publique », dit-il d’entrée de jeu.

Visiblement consterné, Abdoulye Issène donne l’exemple du ministre du Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) Xavier Sylvestre Yangongo, qui, selon lui, « m’a raconté pendant une réunion qu’il a été ministre sept fois consécutifs, et qu’il en est fier. Je lui ai demandé si vraiment c’est lui seul dans le pays, mais il m’a répondu d’un air méprisant que c’est parce qu’il est compétant ». Le chef de la CPJP m’offre l’occasion de d’apprécier moi même. Pour lui, de telles situations méritent d’être « dénoncées avec toute l’énergie et tous les moyens dont on dispose ».

Le début de la rébellion

Abdoulye Issène n’a pas voulu trop longuement s’atteler sur les en dessous du démarrage de sa rébellion. Mais il affirme juste que « je savais que le risque que j’avais voulu prendre était énorme, mais j’étais animé par l’esprit de sortir ma jeunesse de la pauvreté, et non seulement de me battre pour mon ethnie comme plusieurs opinions sont encore entrain de le percevoir ainsi ».

A ma question de savoir qui finance sa rébellion et qui est son mentor, Issène, souriant me répond en s’exclamant « C’est la jeunesse ! », avant d’ajouter que « s’il y a quelqu’un dans l’ombre qui me soutient, c’est toujours cette jeunesse désœuvrée, marginalisée et écartée du processus de développement de la Centrafrique, notre mère patrie ».

J’ai profité de cette occasion, pour lui poser la question sur l’apport du disparu Charles Massi à ce groupe armé à l’époque. Abboulye Issène hésitant, voulant se mettre en colère, puis temporise et me répond « la question Massi fait parti de nos conditions pour signer l’accord de paix, c’est même l’une des plus importantes conditions que nous avons fixé au gouvernement. Mais pour l’instant, je ne veux pas trop parler de ce grand homme ».

« Nous ne menons que des attaques ciblées et nous ne touchons que des cibles précises »

Abboulye Issène fait l’économie des mots sur l’appellation de son mouvement. Il préfère dire que la CPJP n’est pas une rébellion, mais plutôt « une révolution des jeunes qui ont marre de la gestion actuelle de la République centrafricaine. La CPJP n’est donc pas une rébellion, mais plutôt une révolution », dit-il avec un regard serein.

J’ai insisté en citant plusieurs attaques de ce mouvement dont des pertes en vies humaines ont été déplorées, m      ais ce chef de « révolutionnaires » obstiné, me répond que « nous ne menons que des attaques ciblés et nous ne touchons que des cibles précises, mais n’empêche qu’il y ait des dommages collatéraux, mais la plupart des victimes ne sont que ceux qui s’entêtent à exécuter les ordres des combattants », avant de reconnaitre qu’ « il y a aussi des brebis-galeuses parmi les éléments qui commettent des actions isolées, mais ceux-ci ont été systématiquement sanctionnés. La CPJP n’est pas un mouvement d’impunité ».

Sur la question de la rivalité entre le mouvement de la CPJP et celui de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une autre rébellion qui opère dans la même zone que le CPJP, Issène refuse carrément de se prononcer sur le sujet. Il me dit juste que « je sais que les médias avaient beaucoup contribué à faire empirer la situation. Pour l’instant, c’est du passé, ce sont nos frères, nous nous sommes déjà réconciliés et je pense que nous allons marcher ensemble pour la construction de notre pays ».

Et si la CPJP désarme…

A ma question de savoir que sera l’avenir de la CPJP après le désarmement de ses éléments, Issène brondit le procès verbal de la mise en place de son mouvement, daté du 24 février 2010 au village d’Akousroubak, et ajoute : « parcourez ce document et voyez comment la CPJP est bien structurée. Nous avons un bureau politique et une branche armée. S’il arrive que l’aile armée désarme, nous allons avec le bureau politique mettre en place un parti politique. Nous voulons aussi participer aux élections démocratiques pour animer la vie politique de notre pays ».

Le chef de la CPJP ne s’arrête pas là. Pour lui, la devise de la République centrafricaine (Unité – dignité – Travail) doit être revue. « Je propose que la devise devienne Unité – Travail – Dignité », dit-il. Il justifie sa position en ces termes : « nous devrons être unis pour travailler, et c’est le travail qui va nous rendre digne, et non l’inverse ».

Pour ce qui concerne les plaintes de la population des zones sous contrôle des éléments de la CPJP, qui sont cités pour des cas d’assassinats, d’extorsions et autres cas de piétinements des Droits de l’Homme, celui qui se fait appelé Chef de révolution se dit « désolé de tout ce qui était arrivé, mais nous tenons à ce qu’ils ne se reproduisent plus jamais, car nous sommes déjà sur la voix de la paix et cette paix va revenir définitivement dans notre pays ».

Pour finir notre conversation, Abdoulaye hausse le ton pour « prévenir ceux qui disent que je suis de connivence avec le Président Bozizé et que je ne suis pas digne de négocier la paix avec le pouvoir de Bangui. J’ai les documents qui le prouve (il brondit à nouveau le procès verbal de la mise en place du bureau de la CPJP). Que ces fantômes sortent de leur cachette et présentent aussi leur document ! », avant de conclure que « ce n’est pas Issène, la CPJP ou Bozizé qu’ils sont entrain de salir et de défier mais c’est plutôt la Centrafrique, et le peuple centrafricain. Il y a un temps pour faire la guerre et il y a aussi un temps pour faire la paix ».

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Quand les réseaux sociaux s’invitent dans les occupations et les préoccupations du vacancier à Bangui

Période des « petites bricoles », temps des délires,  moments des rencontres dans des balles de jeunes et des « battles », mais les réseaux sociaux semblent désormais s’ajouter aux occupations et aux préoccupations du jeune lycéen centrafricain, cette année. A un mois seulement du début des grandes vacances, toutes les folies des jeunes semblent s’orienter vers les réseaux sociaux, notamment Facebook.

Dans des cybers cafés, sur des terminaux mobiles, des téléphones mobiles classiques, le vacancier centrafricain ne laissent rien passer aux hasards pour se « connecter ». « Je n’avais pas voulu me séparer de mes amis, et je supporte mal leur absence, c’est pourquoi, à tout moment je me connecte pour être toujours en contacte avec eux. Je me connecte à tout moment même à minuit, quand je me lève, il faut que je me connecte », a affirmé Béranger, élève au Lycée de La Renaissance à Bangui.

Des avis mitigés

Virginie surfant sur le net © Hippolyte Donossio

Béranger du moins se connecte pour garder ses liens avec ses amis de l’école, mais sa raison n’est pas de partage avec plusieurs autres élèves vacanciers de Bangui. « Moi je n’ai pas trop de connaissance de l’utilisation des réseaux sociaux et pendant l’époque des classes, mes collègues se moquaient de moi, car je n’ai pas beaucoup d’amis sur Facebook ou je ne sais pas chatter. C’est pourquoi je suis entrain de me préparer pour les affronter l’année prochaine », a confié Donis, élève au lycée Barthélemy Boganda de Bangui.

Plusieurs autres élèves sont d’avis que Donis, mais les avis ne s’arrêtent pas à ce niveau. Marina, élève au lycée féminin Pie XII, quant à elle ne manque pas le surf sur le net pendant ses vacances parce que « j’avais un petit ami, mais le gars s’en ai passé de moi et est sorti avec une de mes amies par le canal de Facebook. Je veux lui rendre aussi la monnaie, et voilà pourquoi je multiplie les rencontres sur Facebook ».

Par ces témoignages, on peut dire que les réseaux sociaux font désormais partie des occupations des vacanciers centrafricains. Ceux qui n’ont pas de téléphones sur lesquels il y a l’accès à internet, se battent pour se trouver une petite somme, même en utilisant souvent des moyens illicites, afin se connecter. « De fois je suis obligé d’extorquer de l’argent à mes parents pour me permettre d’aller au cyber, parce qu’ils n’ont pas voulu nous faire abonner à internet à la maison, alors les autres en ont », témoigne Yves, élève au lycée privé du Centre Protestant pour le Jeunesse (CPJ).

Le soir, les cybers café sont remplis. Un coup d’œil sur les écrans, montrent que 9 utilisateurs sur 10 sont sur Facebook. Ce réseau social enregistre aussi plusieurs nouveaux utilisateurs.

Les balles des jeunes et les kermesses n’ont pas encore commencé. Mais pour l’instant, les jeunes s’affluent sur les réseaux, mais ils ont hâte de ce moment, car « nous allons exploser nos profils avec les photos de nos délires », se réjouit Alan, du lycée Saint Kizito.

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Les armes, un excellent fond de commerce en Centrafrique

Des armes de guerre couramment utilisées dans des conflits armés en Centrafrique, (Photo REUTERS/Damir Sagolj)

Visiblement en République centrafricaine depuis le milieu des années 90 jusqu’aujourd’hui, les armes restent un excellent moyen pour se faire entendre ou d’accéder à la fonction suprême de l’Etat. Ces derniers temps également, certains particuliers utilisent les armes comme un véritable fond de commerce. Un fait qui met en péril la vie de plusieurs milliers de centrafricains, mais qui fait profiter un groupuscule d’individu.

La folie de grandeur et la soif du pouvoir restent la cause clé du malheur du pays. La République centrafricaine fait partie de top liste des pays à coup d’Etat à répétition réussie ou ratée en Afrique. Depuis son indépendance acquise le 13 août 1960, le pays totalise 4 coups réussi : 1966 : Jean Bédel Bokassa contre David Dacko, 1979 David Dacko contre Bokassa Ier, 1981 : André Kolingba contre David Dacko2003 : François Bozizé contre Ange-Félix Patassé.

L’avènement de la démocratie s’est accompagné avec les armes

Avec l’avènement de la démocratie en début des années 90 avec l’élection démocratique de l’ex président et défunt Ange Félix Patassé, les armes deviennent en mains de certains groupes comme l’utile voix de revendication. Inutile de revenir sur le fond des revendications de la mutinerie d’une partie de l’armée de 1996 et 1997. Mais on sait que c’était une manifestation violente organisée par d’ex élites du défunt président André Kolingba et pilotée de façon sournoise par ce dernier.

On verra que ce Kolingba va se prononcer officiellement lors du coup de force raté du 28 mai 2001, suite auquel sa tête sera mise à prix pour plusieurs million de Francs CFA par le président Patassé à l’époque.

L’année 2001, le point de départ d’« Armes, produits de business » !

Le coup d’Etat raté de Kolingba en 2001, marque cependant le point de départ de différente utilisation d’armes pour des fins que le peuple centrafricain ignore, mais que son nom est utilisé à répétition, pour signifier les ambitions d’un petit groupe d’égoïstes qui ne cherchent que ses propres intérêts.

Des vagues d’interpellations, d’arrestations voir d’exécutions ont suivi le 28 mai. Le ministre de la défense de l’époque et celui qui présidait jusqu’au 15 mai 2012, la rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a été limogé et contraint à l’exil. Le chef d’Etat major de l’armée, François Bozizé, celui qui présidait un mouvement de « Libérateurs » et qui s’est emparé du pouvoir en 2001, s’est fait aussi limoger et contraint à prendre le maquis en 2002, et qui se trouve maintenant comme président « élu démocratiquement » à la tête du pays.

« En moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’est fait de désagréables compagnies dans le nord »

Le général François Bozizé a réussi à maintenir son règne en évitant de se faire arracher le pouvoir depuis son arrivée en fonction. Mais il faut dire que ce n’est pas la date de la libération du peuple centrafricain comme plusieurs teneurs du régime actuel se vantent de le dire. Après le 15 mars 2003, en moins de 3 ans seulement après son complot réussi, Bozizé s’était fait de désagréables compagnies dans le nord, région dans laquelle sa rébellion a été née.

Mais ce qu’il faut dire, c’est que ces rebellions ne sont jamais arrivées à la porte de la capitale Bangui, mais restent plutôt dans l’arrière pays pour prendre en otage, les paisibles populations civiles. Plusieurs revendications des ces mouvements armés ne sont que claniques, ethniques voir régionalistes, et non du peuple centrafricain comme dit dans les dénominations de ces mouvements rebelles : Front démocratique du peuple centrafricain, Armée populaires pour la restauration de la démocratie, Convention des patriotes pour la justice et la Paix…

Il y a aussi ces chefs dévoués à la guerre !

Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji, un chef rebelle centrafricain (Photo Net)

En Centrafrique, il y a aussi certains leaders de rebellions, qui voire leur statut dans le pays ne préfèrent que la guerre. Le tchado-centrafricain Adoulaye Miskine, dit Martin Koumtamadji par exemple, n’a jamais aspiré à la paix en Centrafrique.

Tenez, sous le régime Patassé qui était son protecteur et parrain, ce chef de guerre a été patron d’un groupe d’auto défense dans la région de Bantangafo, Kabo, et Sido, puis s’est transformé en chef d’Anti-Zaraguina (anti coupeurs de route), avant d’être chef de milices qui fut une bête noire de Bozizé pendant sa rébellion, et aujourd’hui, chef rebelle. Ce gars jusqu’alors n’a pas encore paraphé les documents de paix et ses éléments continuent de faire souffrir les civiles.

Voilà un exemple de guerrier dévoué qui continue de prendre un otage Mr Commun des Mortels à Batangafo !

Bien que la communauté internationale décaisse des milliards de Francs CFA pour le programme DDR (Désarment, démobilisation et réinsertion), rien ne prouve encore que c’est le crépuscule du caquètement des armes en Centrafrique. Ce qui choque, c’est que la première victime de la guerre, c’est l’innocence !

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Qu’est ce que « Tango Ti Mbi »

Tango Ti Mbi (Mon temps, mon époque en Sango, langue nationale de la Centrafrique) est un blog créé par un jeune journaliste centrafricain.

L’auteur par ce blog, veut mettre en lumière l’autre angle de l’information qui échappe à l’analyse des autres médias qui parlent de la Centrafrique. Tango Ti Mbi s’efforce de creuser  au maximum, les en-dessous de l’actualité sur la République centrafricaine.

Comme slogan « Un coup de projeteur sur ce qui se passe à mon temps en Centrafrique », Tango Ti Mbi ne laisse rien passer inaperçu de l’actualité. De la politique en passant par le sport, à la justice, l’auteur met en lumière le maximum de faits qui se produisent en Centrafrique.

C’est une plateforme qui permet à l’auteur, d’expliquer à sa manière ce qu’il a vu et a vécu dans ce pays, méconnu des médias internationaux et dont l’accès à internet reste de 0,4 pour 1000 habitants.

Contact: donhip2@gmail.com

Skype: hipple13

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Bangui : Arrêtés pour tentative de déstabilisation de pouvoir, les accusés témoignent

Les dix jeunes, membres de Réseau des Organisations des Jeunes de Centrafrique (ROJECA), une structure qui œuvre pour la promotion des droits et devoirs de l’enfant, arrêtés le jeudi 28 juin, ont finalement été relâchés le vendredi 6 juillet dernier, sans aucune charge retenue contre eux.  Ils ont été interpellés et accusé selon plusieurs sources, pour avoir préparé un projet de déstabilisation du pouvoir en place à Bangui. Tango Ti Mbi publie le témoignage de ces jeunes.

Tout d’abord, l’histoire commence à la barrière de PK9 (sotie sud de Bangui), cette journée du 28 juin alors que les jeunes se rendaient à Mbaïki dans le cadre d’une activité de leur organisation. « Ce n’est pas la première fois que nous organisons de telles activités, car nous avons déjà testé l’expérience dans certains villages qui entourent Bangui, et se basant sur les expériences des réussites, nous nous sommes dit pourquoi pas le faire aussi dans les grandes villes », a affirmé un des jeunes.

Lors de leur interpellation à la barrière de PK 9 « on ne nous a pas fait part officiellement de ce soit disant projet de complot contre l’Etat. Mais on nous a seulement notifié que nous n’avons pas nos documents de voyage en règle et que notre association n’est pas reconnu officiellement par notre ministère de tutelle, le ministère de la jeunesse et des sports », a ajouté un autre jeune.

Pour une autre victime, « nous avons peur lorsque des informations ont infiltré que nous sommes accusés de complot contre l’Etat, car c’est une accusation extrêmement grave ». Une semaine et un jour maintenu au commissariat du port à Bangui, « nous témoignons que nous n’avons pas été maltraités. Nos téléphones ont été récupérés entre nos mains, mais il y avait un autre qui a été mis à notre disposition, pour nous permettre d’appeler nos parents ».

Libérés, aucune charge n’a été retenu contre ces jeunes, « mais nous craignons cependant pour notre sécurité, car nous savons qu’il y a des agents de services de renseignements qui nous suivent désormais, mais  nous n’avons pas peur de poursuivre nos activités », attestent-ils.

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